Auteur Sujet: Autorite de surete nucleaire  (Lu 32498 fois)

Geoffroy Denledo

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Autorite de surete nucleaire « le: juillet 23, 2008, 10:47:31 am »
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L'ASN assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires.

Elle contribue à l’information des citoyens.


bon c la voix de son maître mais si vous avez une centrale à proximité.

toutes les fuites, incidents de nivo 1
c ici
http://www.asn.fr/sections/rubriquesprincipales/actualites

par contre il n'y a pas d'archives.
;-)

je poste cette info suite à un article du canard.

riz

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #1 le: juillet 23, 2008, 11:42:51 am »
Tout va bien j'ai mes pastilles d'iode dans l'armoire à pharmacie. A propos du nucléaire j'ai entendu hier à la radio :

(aux niveau des énergies non génératrices de CO2)
nucléaire : 2% de la prod mondiale (en regression)
énergies renouvelables : 12% de la prod mondiale (en expansion)

Bref tout ça pour dire qu'il n'y a qu'en France qu'on pense qu'on ne peut faire sans nucléaire.

kaïzasauce

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #2 le: juillet 23, 2008, 11:53:52 am »
ben clair, on arrose le monde d'electricité nucleaire... c'est un peu notre fond de commerce...

Moi ca me fait totalement flipper, parenthèse, j'etais a bollène une semaine pour un festoche je leur amennais la scène, trois ou quatre jours après la fuite de 84 kilos d'uranium (on a posé notre scène a 3kms du site ou la fuite a eu lieu)...
C'etait assez rigolo de voir les gens plaisanter sur cet accident, une pièce se jouait de molière, il y avait mercure et les gens se demandaient ou etait le personnage d'uranium...
Pendant ce temps je remarquais qu'au matin ils nous faisaient le café avec l'eau du robinet... J'ai pris des douches après le boulot en me demandant si j'allais pas devenir vert fluo... je flippais grave, alors que l'otoctone en plaisantais... J'ai fallit prendre des douches avec des bouteilles d'eau et je me suis dit que je poussais p'tet le truc un peu loin, ceci dit aujourd'hui de retour, je regrette de âs l'avoir fait.
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Alain Deschodt

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vue imprenable sur le décolleté de ma voisine « Réponse #3 le: juillet 23, 2008, 13:27:40 pm »
Citation de: "kaïzasauce"
ben clair, on arrose le monde d'electricité nucleaire... c'est un peu notre fond de commerce...

Moi ca me fait totalement flipper, parenthèse, j'etais a bollène une semaine pour un festoche je leur amennais la scène, trois ou quatre jours après la fuite de 84 kilos d'uranium (on a posé notre scène a 3kms du site ou la fuite a eu lieu)...
C'etait assez rigolo de voir les gens plaisanter sur cet accident, une pièce se jouait de molière, il y avait mercure et les gens se demandaient ou etait le personnage d'uranium...
Pendant ce temps je remarquais qu'au matin ils nous faisaient le café avec l'eau du robinet... J'ai pris des douches après le boulot en me demandant si j'allais pas devenir vert fluo... je flippais grave, alors que l'otoctone en plaisantais... J'ai fallit prendre des douches avec des bouteilles d'eau et je me suis dit que je poussais p'tet le truc un peu loin, ceci dit aujourd'hui de retour, je regrette de âs l'avoir fait.


T'as une drôle de touche ceci dit, ce matin... smiley6


En France, les chômeurs exploitent les patrons

kaïzasauce

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #4 le: juillet 23, 2008, 14:19:27 pm »
smiley5
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Ludmila de Hazebrouck

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #5 le: juillet 23, 2008, 16:30:00 pm »
Citation de: "Riz_Au_Lait"

Bref tout ça pour dire qu'il n'y a qu'en France qu'on pense qu'on ne peut faire sans nucléaire.


smiley22  smiley23 ben non il n'y a pas qu'en France qu'il existe un programme électronucléaire, d'autres pays s'y mettent. Et d'autres cherchent à s'arrêter mais ils sont bien embêtés pour savoir comment s'y prendre, surtout en cette période de 3ème choc pétrolier. :smiley23:

Cela dit la part du renouvelable en France est en constante augmentation (obligation européenne).   :gavee:

divin marki

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #6 le: juillet 23, 2008, 16:56:04 pm »
Tout ça n'est pas simple d'ailleurs :
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(aux niveau des énergies non génératrices de CO2)
nucléaire : 2% de la prod mondiale (en regression)
énergies renouvelables : 12% de la prod mondiale (en expansion)

Les 86% de la production qui reste c'est quoi? charbon, linithe, pétrole, gaz???
Bref plus des six septièmes de la production d'énergie générent du CO2.

Le nucléaire est forcement en régression dans le sens ou actuellement les reserves de combustible classique s'épuisent.
Et que si tu veux ta centrale mais que tu n'a pas déjà l'arme nucléaire, il est bon d'être bien vu par les gens déjà membre du club.
L'Iran n'est pas le meilleurs des exemples mais ça illustre le propos.

Le problème principal, a mon avis, est dut au fait que la réduction des besoins va à l'encontre de la société de consommation qui est le pilier de notre économie et de notre civilisation.

Ludmila de Hazebrouck

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #7 le: juillet 24, 2008, 11:11:30 am »
c'est pour ca que le nucléaire est bien meilleur  smiley4

högström

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #8 le: juillet 25, 2008, 18:12:32 pm »
AUTONOMY..
construisez votre petite éolienne (pas besoin de bcp de vent, 30km/h suffit).. ou du mini hydrolique si vous avez ne serait-ce qu'un petit ruisseau qui coule au fond du jardin..

pour ceux qui n'ont pas le choix : ENERCOOP http://www.enercoop.fr/

çà ne change rien au fait que si une centrale pète, tout le monde prendra cher.. :boulette:

kakru

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #9 le: novembre 22, 2008, 10:10:09 am »
Risque d'explostion sur la centrale de Cruas Meysse


CRIIRAD
471 av. Victor Hugo
26000 VALENCE
Tel : 04 75 41 82 50
Fax : 04 75 81 26 48
Email : asso@criirad.org
Site web : www.criirad.org



L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient d’informer les médias de la mise en demeure qu’elle a adressée le 13 novembre 2008 au directeur de la centrale EDF de Cruas-Meysse.
 
La CRIIRAD a pris connaissance des documents de l’ASN et publie ci-dessous un premier niveau de réaction. Une analyse en profondeur nécessite plus de temps pour obtenir les documents et informations nécessaires auprès de l’exploitant et des autorités.
 
Les dysfonctionnements mis en évidence à Cruas-Meysse sont présentés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire – autorité en charge du contrôle des installations nucléaires –  comme particulièrement graves.
Selon l’ASN, ils concernent en effet un « risque d’explosion » susceptible, en outre, « d’endommager des éléments essentiels au maintien de la sûreté ou de conduire à une rupture du confinement ».  La mise en demeure publiée par l’ASN signale des canalisations mal entretenues, oxydées et corrodées alors qu’elles servent au transport des fluides explosifs, dénonce l’absence de contrôles périodiques permettant de vérifier leur état et d’identifier les défauts d’étanchéité, précise que ces canalisations ne figurent pas sur les plans mis à disposition des services d’incendie (1) …  Tout ceci en violation d’une réglementation datant de 1999 (2).

Dans ces conditions,
1.                   Comment se fait-il que l’ASN ait accordé, en 1999, un délai de 6 ans ( !?) à EDF pour se mettre en conformité avec les prescriptions de cet arrêté ?
2.                   Comment se fait-il qu’à l’issue d’un délai aussi long, l’ASN se soit apparemment contentée d’un courrier d’EDF indiquant qu’à une exception près (mais qui ne concernait pas le risque d’explosion) l’ensemble des actions de mise en conformité étaient réalisées et qu’elle ait encore attendu 2 ans et 7 mois pour effectuer une inspection destinée à vérifier si les déclarations d’EDF étaient étayées et la mise en conformité effective ?
3.                   Comment se fait-il que l’inspection des 25 et 26 septembre n’ait pas donné lieu à injonction, qu’il ait fallu une seconde inspection le 24 octobre, puis encore 3 semaines pour qu’une mise en demeure soit adressée à l’exploitant, soit au total un délai supplémentaire d’un mois et demi ?
4.                   Et comment se fait-il que la mise en demeure du 13 novembre accorde encore à EDF un délai de 3 mois pour se mettre en conformité… avec des prescriptions qui datent de 1999 ?
5.                   Et comment se fait-il que l’obligation de veiller à l’étanchéité de canalisations transportant des matières radioactives, corrosives, inflammables ou explosives ne date que de 1999 ? Est-ce que cette obligation n’existait pas dès la mise en service des 4 réacteurs de Cruas-Meysse en 1984 – 1985 ? Si elle existait, cela veut dire qu’EDF fonctionne depuis plus de 23 ans sans contrôler correctement ce paramètre clef et sans que les autorités de contrôle  ne s’en émeuvent.  Si ce n’est pas le cas et qu’il a fallu attendre 1999, soit 15 ans après le démarrage, pour que ces contrôles basiques mais essentiels soient obligatoires, c’est véritablement scandaleux. On ne sait laquelle de ces 2 options est la plus préoccupante.
 
Une fois encore, les constats de terrain laissent entrevoir un fonctionnement du parc électronucléaire français très éloigné des discours publicitaires des exploitants et d’une technologie « high tech » soumise à des contrôles draconiens : des canalisations corrodées, des défauts de surveillance et de signalisation…  on ne peut que s’interroger sur le sens qu’a l’exploitant de ses responsabilités. Comment se fait-il qu’il néglige des contrôles aussi déterminants pour la sûreté de son installation ?
De toute évidence, au moins 3 autres centrales nucléaires sont concernées : Le Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en Tarn-et-Garonne. Pour les autres installations nucléaires, on est dans l’expectative : sont-elles absentes de la liste car le risque « explosion » y est correctement géré … ou parce que leur conformité aux prescriptions de 1999 n’a pas encore été contrôlée ?
 
Compte tenu des conséquences majeures d’un accident nucléaire, avant tout sur le plan sanitaire mais également environnemental, agricole, touristique et économique, des dysfonctionnements aussi graves devraient faire l’objet d’une enquête approfondie portant sur la gestion de l’exploitant mais également sur la fiabilité de l’encadrement réglementaire. Il faudrait s’interroger sur la place centrale accordée à l’auto-surveillance, sur les passerelles aménagées entre exploitants d’activités à risques et contrôleurs, sur les arbitrages entre rentabilité et sûreté ... Malheureusement, la loi du 13 juin 2006 a organisé la quasi impunité de l’ASN. Quant à l’exploitant, les délais successifs de mise en conformité en disent long sur la « rigueur » des contrôles auxquels il est soumis. La loi a par ailleurs strictement limité, et depuis longtemps, sa responsabilité en cas d’accident. C’est la population qui en supportera, et sur tous les plans, les conséquences. Elle a donc intérêt à être exigeante et à demander des comptes sur la façon dont les activités nucléaires sont gérées et contrôlées.
 
(1) Des incendies se produisent régulièrement sur les sites nucléaires. Le fait que les services de secours ignorent la localisation de canalisations susceptibles d’exploser et d’aggraver considérablement la situation, laisse présager le pire en cas de problème. Il s’agit pourtant là du B. A. BA de la gestion des sites à risque.
(2) Arrêté du 31 décembre 1999 fixant la réglementation technique générale destinée à prévenir et limiter les nuisances et les risques externes de l’exploitation des installations nucléaires de base.
Pour gouverner la France et les Français la France a dit : « Giscard à la barre !! » pour gouverner le Gabon et les Gabonais nous disons : « Bongo à l’avant du bateau !!
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Alain Deschodt

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Jérôme d'Enfer contre Kolosse « Réponse #10 le: janvier 19, 2009, 18:13:57 pm »
Les mesureurs ne sachant pas mesurer, on nous mentirait à l'insu de notre plein gré... smiley17 smiley18


Le réseau Sortir du Nucléaire réclame depuis hier, lundi 12 janvier, l'arrêt immédiat des centrales nucléaires d'EDF. Motif : "un scandale de très grande ampleur" : la "défaillance généralisée des mesures de rejets radioactifs dans l'environnement". Et d'accuser l'Autorité de Sûreté Nucléaire et EDF d'avoir "caché" ce scandale.

Cette note comprend un ajout, déposé le 15 janvier, en fin de texte.

Ces accusations sont extrêmement graves. Et la solution exigée, l'arrêt des centrales produisant plus de 75% de l'électricité consommée en France, aurait un impact catastrophique puisqu'aucun moyen de production ni une importation massive ne pourraient la remplacer. Un examen du dossier montre toutefois qu'elles sont toutes infondées mais aussi que l'Autorité de Sûreté Nucléaire et EDF méritent un zéro pointé pour leur information du public sur cette affaire.



Première accusation de Sortir du Nucléaire : l'ASN et EDF ont "caché (cette affaire) à l'opinion publique". Et Sortir du Nucléaire aurait accompli l'exploit de trouver... sur le site de l'ASN, les décisions prises le 16 décembre dernier de "refuser les agréments" des mesures de radioactivité dans l'environnement proche des centrales (eaux, air, poussières). L'ennui, c'est que, dès le 16 décembre, cette information était présente aussi sur le site d'EDF.com, et accessible au bout de trois clics (nos énergies, puis nucléaire et l'on trouve là, en première proposistion sur l'encadré "zoom sur" une note sur la surveillance de la radioactivité) à partir de la page d'accueil. L'information est donc présente... mais totalement incompréhensible. C'est donc peut-être pour cela que Sortir du Nucléaire, malgré son expertise, ne l'a pas comprise.

Deuxième accusation de Sortir du Nucléaire : "un scandale de grand ampleur, la défaillance généralisée des mesures de rejets radioactifs dans l'environnement". Le poids des mots... le choc du faux. Il ne s'agit pas de mesures directes des rejets radioactifs (cela c'est mesuré par d'autres dispositifs que ceux en cause) mais de la radioactivité ambiante autour de la centrale. Ces mesures ne subissent pas une défaillance généralisée puisqu'elles sont réalisées avec au moins autant de précision et de fiabilité que les années précédentes. L'ampleur du problème est minime. Il n'y a pas de scandale radioactif... en revanche, il y en a un relatif au devoir d'information d'EDF et de l'Autorité de Sûreté Nucléaire. Reprenons point par point.

- De quoi s'agit-il ? Le niveau radioactif de l'environnement autour des centrales est mesuré depuis leur mise en service et comparé aux niveaux antérieurs. Eaux de surface, souterraines, air, poussières, végétaux, lait des vaches. Il s'agit ainsi de détecter de faibles variations susceptibles de provenir de dysfonctionnements de faibles amplitudes dans la confinement de la radioactivité ou dans les rejets autorisés. Tout rejet de grande ampleur serait détecté par les balises classiques... lesquels balises ont par exemple détecté l'augmentation de radioactivité lors de l'accident de Tchernobyl.



Jusqu'à présent, les mesures étaient effectuées par des dispositifs permanents d'EDF et par des inspectionsLogo_danger_nucleaire inopinées de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Puis l'Autorité de Sûreté Nucléaire a décidé de mettre en place un nouveau dispositif, plus précis, fondé sur un réseau de laboratoires agréés , l'agrément visant à uniformiser et calibrer les techniques afin de permettre la comparaison de toutes les mesures. Bref : viser un niveau de précision supérieur au passé, susceptible de mettre en évidence des dysfonctionnements... encore plus faibles qu'auparavant.

Ainsi, le défaut de précision reproché à EDF par l'Autorité de Sûreté Nucléaire consiste pour l'essentiel à surestimer d'environ 10% à 20% l'activité béta (émission d'un électron) dans l'eau et les poussières et à sous-estimer d'environ 10% celle du tritium (isotope de l'hydrogène) relevée dans l'eau et l'air. Il s'agit de mesures très sensibles, portant sur des fractions de la radioactivité naturelle locale.

Le contexte de ce changement de système est expliqué ainsi par l'IRSN :

    " L’atteinte des objectifs associés à la surveillance régulière de l’environnement, rappelés dans le présent rapport (§ 2.2), conduit à réaliser de nombreux prélèvements d’échantillons et de nombreuses mesures qui constituent la base principale de connaissance de l’état radiologique de l’environnement des sites nucléaires. Toutefois, la nécessité d’obtenir des résultats réguliers dans des délais aussi courts que possible impose de recourir à des techniques d’analyse qui privilégient le plus souvent la détermination d’indicateurs globaux (débit de dose ambiant, activités alpha et bêta globales) ou d’un radionucléide d’intérêt particulier (par exemple le tritium), avec des limites de détection qui ne permettent pas toujours de quantifier l’état radiologique réel de l’environnement autour des sites dès lors que celui-ci est inférieur à ces limites de détection. Cette situation est d’autant plus fréquente que l’état radiologique de l’environnement français tend à s’améliorer régulièrement depuis plus de 30 ans (fin des essais nucléaires atmosphériques, éloignement de l’accident de Tchernobyl, réduction des rejets des installations nucléaires). Les études radioécologiques menées autour des sites nucléaires, bien qu’elles ne répondent pas spécifiquement aux objectifs de la surveillance en raison des longs délais d’obtention et d’interprétation des résultats de mesure, apportent une connaissance complémentaire utile sur l’état radiologique de l’environnement à l’extérieur des sites nucléaires, car elles requièrent généralement des mesures de radioactivité avec des limites de détection très basses." Extrait de son rapport 2008 sur le sujet.

- Que signifient réellement les refus d'agréments des dispositifs d'EDF par l'ASN ? Tout simplement qu'EDF n'a pas été assez rapide pour améliorer ses appareils et son traitement informatique des mesures pour atteindre en temps et en heure - c'était prévu pour entrer en vigueur le 1er janvier 2009 - le niveau de précision exigé par l'ASN. Par exemple, pour éviter de surestimer la radioactivité béta, il faut mettre en place un filtre empêchant l'appareil de mesurer aussi la radioactivité alpha (émission d'un noyau d'hélium). Il fallait aussi rectifier une méthode d'étalonnage qui, elle aussi, conduisait non à sous-estimer mais à sur-estimer la radioactivité mesurée. Manifestement EDF a cru qu'elle pouvait prendre son temps et viser la fin de 2009 pour se mettre à jour, l'ASN a décidé d'appliquer strictement ses règles et a sorti son refus d'agrément afin d'obliger EDF à aller plus vite. Aujourd'hui, d'après l'ASN, la plupart des défauts sont corrigés, et tous le seront d'ici fin février.



En résumé, le fond de l'affaire n'est pas anodin - c'est toujours important de mesurer le mieux possible la radioactivité autour des centrales (image ci dessous) car c'est le moyen de détecter l'existence d'une contamination de faible ampleur mais continue qui échappe aux dispositifs de mesure des rejets autorisés ou accidentels. En revanche, la présentation qu'en a fait Sortir du Nucléaire ne va pas améliorer sa crédibilité.
Cette association a toutefois une excuse... la manière dont EDF comme l'ASN ont communiqué sur ce sujet.
L'ASN a mis en ligne les refus d'agréments, rédigés dans le langage administratif (voici un exemple) qui est de rigueur dans ses relations avec EDF. Mais elle n'a accompagné ces textes d'aucune explication compréhensible. Quant à EDF, sa "note d'information" est certes un peu moins rébarbative, mais il faut la lire jusqu'au bout pour comprendre qu'elle doit son existence aux refus d'agréments de l'ASN, sans aucune explication... sauf celle selon laquelle les erreurs "surestiment" la radioactivité et qu'elles seront corrigées d'ici février 2009. Manifestement, tant l'ASN qu'EDF produisent ces textes en espérant qu'ils ne seront pas lus par des citoyens essayant de s'informer mais sans disposer des connaissances préalables nécessaires à leur compréhension. Celui de l'ASN permet seulement de savoir qu'il y a un gendarme qui a un baton. Et celui d'EDF permet de comprendre qu'il y a un problème avec le gendarme, mais ne permet pas vraiment d'en comprendre la raison, l'ampleur et la solution.

Comme je l'ai indiqué dans ma note, EDF et l'ASN n'ont rien fait pour réellement porter ce problème à la connaissance du public et l'expliquer en termes clairs. Je dois vous dire que, pour le texte de l'ASN en particulier, ma critique virulente est totalement partagée par des membres de l'ASN, au niveau de sa hiérarchie.



Ensuite, se pose une autre question : ce problème méritait-il une publicité importante (pas de le cacher ou de ne pas le cacher, mais une démarche volontariste pour que le public et les journalistes soient mis au courant). Mon opinion est assez tranchée : je pense que non. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, le problème se réduit à un retard de deux mois dans la mise en oeuvre d'une amélioration de la précision du réseau de surveillance de variations de faible intensité dans l'environnement proche des centrales et d'autres INB. Ce retard n'a pas de conséquences réelles ou importantes sur la surveillance d'éventuels défauts dans la radioprotection. La situation, à la fin de l'histoire, n'est pas pire, mais meilleure qu'avant - la précision des mesures est augmentée. Le tout dans un processus de mise en place du réseau national signalé dans la note, réseau visant à améliorer la précision des mesures.
Dans ces conditions, le vocabulaire alarmiste utilisé par SDN est complètement déplacé.



Le paradoxe est que SDN et EDF utilisent finalement le même type de stratégie de communication, dont l'effet est identique : empêcher le public de discerner les quelques problèmes graves - dont il doit absolument être informé et de leur existence et de leur gravité - du flot d'incidents techniques sans gravité normal dans cette activité et dont seule l'analyse statistique permet de tirer des leçons intéressantes (par exemple sur l'origine des dysfonctionnements, techniques, organisationnel, formation des opérateurs etc).
EDF, de manière tout à fait délibérée, a décidé juste après Tchernobyl et TMI, d'une stratégie de "on communique tout" aux apparences de la transparence. Ainsi tout incident déclaré aux autorités de surveillance fait l'objet d'un communiqué, les mesures officielles de radioactivité sont mises en ligne etc... Le résultat a été conforme aux espoirs : noyés sous un flot de communiqués se terminant la plupart du temps par la mention "sans conséquences sur la santé du public ou sur la sûreté", journalistes et publics s'en sont assez vite détournés. Du coup, lorsqu'un incident plus grave - lié à des dispositifs importants pour la sûreté, le circuit primaire, la disponibilité des dispositifs d'urgence etc, ou révélant des erreurs importantes - survient, il est noyé dans la masse. EDF ne fait évidemment rien pour souligner ce qui ne va vraiment pas. Pour le savoir, il faut une connaissance du sujet, et aller chercher dans des rapports annuels de l'IRSN par exemple.
SDN fait de même. Dans ses communiqués très fréquents, tout est mis sur le même plan. Un incident mineur comme un problème majeur. Sauf que SDN espère en opérant ainsi faire accepter l'idée que le nucléaire civil serait en permanence à deux doigts de menacer la vie ou la santé de millions de gens. "Puisque il y a tout le temps des problèmes"...
Le résultat est paradoxal, à mon avis, car si cela conforte dans leur opinion les gens qui partagent ce point de vue, la répétition accélérée du cri "au loup" finit par lasser ceux qui constatent que l'annonce journalière de la catastrophe majeure est démentie le lendemain par son inexistence. En tout cas, le résultat commun des deux actions conduit à rendre encore plus difficile l'action d'information visant à aider le public à s'informer des dangers réels du nucléaire, qui n'ont pas besoin d'être exagérés pour exister.



Sinon, pour répondre à votre question précise sur le réseau de surveillance de la radioactivité : - je ne sais pas s'il est vraiment nécessaire que les stations situées sur le périmètre et juste autour des centrales soient opérées par des associations (il y en a de toute façon) indépendantes. Cela serait peut-être nécessaire si l'on avait aucune confiance dans EDF et surtout dans le dispositif de surveillance technique et politique de son action sur ce point. Or, le réseau dont nous parlons semble vraiment sous la houlette de l'ASN, contraint par des exigences de qualité élevées, et - c'est le volet politique - soumis à un comité de pilotage dont voici la liste des membres parmi lesquels vous relèverez les noms de representants d'associations antinucléaires connus comme Monique Sené, ou des Agences sanitaires indépendantes non liées à l'industrie nucléaire.
Bien sur, on peut pousser la suspicion plus loin, exiger qu'il y ait encore plus de représentants d'associations dans le système, mais franchement, on est très loin des mauvaises habitudes des années 1970 et 1980, à l'époque des nucléocrates méprisants, de l'OPRI de Pellerin et des ingénieurs refusant que l'on vienne voir ce qu'ils font. Nier cette évolution du système ne me semble pas pertinent.

Voila, encore merci de cet échange. Je n'ai rien à cacher, donc, si vous transmettez ce mail à vos interlocuteurs de SDN - dont je me réjouis de l'existence même si je ne partage pas certaines de leurs opinions ou leurs méthodes- je n'y vois aucun inconvénient. Sur le fond du problème - faut-il ou pas recourrir au nucléaire pour produire de l'électricité ? - je considère que les deux options sont respectables. Si les avantages du nucléaire dans ce domaine sont importants, ses inconvénients ne le sont pas moins, et j'accepterai une décision démocratique consistant à préférer se coltiner les problèmes du non nucléaire plutôt que les problèmes du nucléaire.

Sylvestre Huet
En France, les chômeurs exploitent les patrons

högström

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #11 le: janvier 20, 2009, 14:32:07 pm »
coucou,

çà fait longtemps que j'ai pas posté sur ce bon vieux caniche..
j'en profite pour annoncer avec fierté que je commence demain un nouveau poste d'assistante de direction chez Valorem, http://www.valorem-energie.com/ qui développe le grand éolien en france et à l'étranger, le solaire, le biogaz et l'énergie des vagues..

juste qqs chiffres sur l'éolien :
- il faut 2600 éoliennes de 2 MW pour remplacer un réacteur de type EPR de 1600 MW..
- on compte aujourd'hui presque 2000 éoliennes sur le territoire..
- le gouvernement prévoit d'en implanter 8000 d'ici 2020.. de quoi perturber fortement le développement des projet d'EPR! mais lobby oblige les chantiers continuent..

högström

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Re: Jérôme d'Enfer contre Kolosse « Réponse #12 le: janvier 20, 2009, 14:38:16 pm »
Citation de: "Alain Deschodt"
faut-il ou pas recourrir au nucléaire pour produire de l'électricité ? - je considère que les deux options sont respectables. Si les avantages du nucléaire dans ce domaine sont importants, ses inconvénients ne le sont pas moins, et j'accepterai une décision démocratique consistant à préférer se coltiner les problèmes du non nucléaire plutôt que les problèmes du nucléaire.


nombreux sont les projets d'implantation de parcs éoliens qui n'aboutissent pas à cause d'associations constituées contre..
mais aucune ne peut s'opposer au nucléaire... il n'y a effectivement pas de démocratie dans ce domaine.

Alain Deschodt

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si tous les Stambouliotes du monde « Réponse #13 le: janvier 20, 2009, 19:58:21 pm »
Euh, ce n'est pas moi qui ai écrit ça mais le journaliste de Libé, Högström...  smiley6 et bravo pour ton embauche  smiley23
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högström

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Autorite de surete nucleaire « Réponse #14 le: janvier 22, 2009, 20:14:00 pm »
merci..
pour l'article, j'ai bien compris mon cher Alain, j'ai mal coupé..