Auteur Sujet: Surprise! You're dead!  (Lu 2017 fois)

ZAza

  • Vicomte des Abysses
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Surprise! You're dead! « le: décembre 21, 2007, 22:34:47 pm »
En ce moment j'ai la vie amoureuse d'un cadavre de crabe sur sa plage de mazout. L'amour, le truc aussi facile à saisir qu'une flaque d'éther, et qui vous monte à la tête si on s'approche trop près. Il en reste souvent rien exepté un sacré mal de crane.

Au début, vers 15 balais, on s'essaye, on reproduit les modèles qu'on nous fait avaler depuis le le landeau. Rock star, télévision, éducation. C'est beau, ca brille, c'est chaud. Jusqu'a ce jour ou elle vous regarde de ses yeux pleins d'étoiles et vous sort un truc du genre "Promet moi qu'on s'aimera pour toujours" "Promet moi de me protéger à distance quand je serai loin de toi". C'est la chute dans le néant. Comment une personne, hier aussi intelligente, peut être, aujourd'hui, devenu ce morceau de viande qui déborde de niaiseries patheuses par tout les orifices. On songe à une expérience extraterrestre, un test pour la NASA, mais sa vous pète vite à la gueule. La réalité sous le maquillage:.. l'amour rend niais. Evidemment ca facilite les choses. Des grosses balises roses fluos dans le brouillard de ta tête. Bienvenue a Luna Park, 10sacs l'entrée et n'oublie pas ton sourire: tout le monde te regarde. Le sacro-saint culte qui est sensé tous nous sauver.  Alors, ouais, la fète, les potes, les filles, la fille.. on se laisse prendre au jeu. La vie coule sans demander notre avis. Avec l'age viens la maturité. On vois de plus haut. On avale, on envoie valser, on s'arrange avec l'idée que l'on se fait des moeurs et de la moral. Et on se retrouve un beau jour à plaquer une nana par la gorge contre un mur pour l'embrasser, pour lire l'incrompréhension et la douleur dans ses yeux, bref, pour voir si elle est bien vivante. Elle flotte dans ses peurs comme un cadavre dans ses mouches. Sans s'en rendre compte, on est rentré les deux pieds dans la grande famille des connards (section "ordure belle gueule"). Les relations amour/haine. L'amour rock'n roll.

La vérité c'est que chanter sous un balcon c'est la note de folie sur laquelle on devrait danser toute sa vie, plutôt que le faire une fois et se réveiller sept ans plus tard toujours à coté de la même personne. La vérité c'est que je suis l'amant éternel. La vérité c'est qu'on nous a élevé dans le culte du rève pré maché et que le hors piste ca en fait flipper beaucoup (à, peut être, juste titre). La vérité c'est que y'a des mecs qui cherche une mère, des mecs qui cherche une pute comme des nanas qui cherche un père et des nanas qui cherche un phallus sur pattes: l'amour c'est quand les névroses se complètes. La vérité c'est qu'on a, justement, trop mis d'attentes et responsabilités sur les frèles épaules de Dame Amour et Monsieur Sexe (es leur faute si y'a plus de tram aprés 1h). La vérité c'est qu'on cherche de l'éblouissant là ou on n'y avait que de la vie. La vérité c'est que la solitude ca fait flipper tout le monde dans sa petite culotte. La vérité c'est que je n'adère à rien et que je m'emmerde royal. La vérité c'est que je suis un putain de fantôme (mort en 82 et toujours pas au courant) qui zone la nuit. Le paradoxe du fantôme c'est qu'on peut pas l'enfermer entre quatres murs mais qu'il peut rien saisir. La vérité c'est que quand tu parle je vois une tentacule qui te sert la gorge et rentre dans ta bouche, une armée noire de blattes au plafond et ton oeil gauche qui fond et tâche mes chaussures. La vérité c'est qu'on s'en fou(s). Les vérités tout l'monde se noie dans les siennes dès que le radio-réveil sonne. Je bande pour le bizarre. Je bande pour l'art.

En ce moment j'ai la vie sexuelle d'un cadavre de crabe sur sa plage de mazout. Une sorte crime de lèse-majestés envers l'intouchable. Vous savez celui qui est sensé mener l'humanité par le bout du nez, pour lequel on a fait les pires saloperies (tourisme sexuel, mon amour). Qui fait que les gosses de 15 ans se sentent invincibles, et les gens toujours plus nombreux dans les embouteillages. Le sexe avec un grand "S". Aussi beau que pathétique. Brulant que surveillé. Car le monstre fait flipper, mais s'avère lucratif pour le porte monnaie et l'orgueil de certain(e)s. Alors on attache soigneusement la bète. Code, règle, moral. Coucher, fait le beau, susucre. Pas forcement étonnant pour une espèce qui a inventé le collier pour chien. Mais putain de déprim-usant (voire am-usant) quand on voit que les gens ne se sont pas encore rendus compte que nos mimiques-parlottes de singes-drageurs ne sont pas forcement plus évolués que la danse nuptiale de la langouste. Au pays des paumés le borgne est qu'un connard de plus pas forcément plus habile que les autres, mais qui a fait une croix sur les notions d'alibi, de code et de bonheur-sucre. Viré moi le gugusse qui fait des signes avec ses torches sur la piste d'attérissage, on a déja inondé le tableau de bord de kérosen. Elle sort une clope, je lui tend mon zipo. Et tout une brochette de costard-cravates qui nous regardent depuis la vitre de la tour de contrôle et s'égosillent sur une radio qui ne répond pas. Je sais, c'est pas ce que vous aviez prévus. Mais ca vous apprendra à trop vouloir prévoir à l'avance. Au final, zombie toujours sortit vivant des crashs(-sex) et toujours aussi perdu en 2007. Je prend mon temps pour la vivre cette vie. Bois mon café. Fume une clope. Dit beaucoup de conneries. Mais la sueur qu'elles font couler sur ta tempe donne un ptit salée à la chair. A l'odeur on s'en passe déja la langue sur les canines. Allez, mangez moi. Promis j'me laisserai pas faire. Je bande pour le sauvage. Je bande pour l'humain.