Auteur Sujet: La Vérité sur le Monde : série en 12 épisodes.  (Lu 3531 fois)

Pinpin la marionnette

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La Vérité sur le Monde : série en 12 épisodes. « le: novembre 29, 2005, 14:46:58 pm »
Préface de L'auteur

Alors que je continue de fignoler et de terminer "Romanesque", dont on peut lire quelques jets sur ce même forum, et qui est destiné à une éventuelle publication future, je continue à écrire en parallèle des petites nouvelles pour me détendre, expérimenter des choses et d'autres. Ici, voici "La Vérité sur le Monde", projet débile à la base, en 12 épisodes, où le concept est : écrire un épisode en 25 minutes à chaque fois, chrono en main ; ce qui explique que le style est plus rudimentaire que mes écrits habituels. Le projet a vite dégénéré en une parodie débile de la littérature contemporaine, les assoiffés de lecture remarqueront les pastiches d'auteurs célèbres, les autres s'amuseront de ce joyeux bordel burlesque.

Je compte bien terminer et tout mettre online sur le site. Voici les 4 premiers épisodes qui ont déjà été posté sur un autre forum. Après, ce sera un épisode par semaine. Bonne lecture.

Pinpin la marionnette

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La Vérité sur le Monde : série en 12 épisodes. « Réponse #1 le: novembre 29, 2005, 14:51:35 pm »
La Vérité sur Le monde. Série Hebdommadaire en 12 épisodes.

Mercredi 23 novembre 2005.


Episode 0.

Titre de l'épisode : Mon colocataire bosse sa thèse en épistémologie et il empeste mon logis...

Thème de l'épisode : La Sagesse et l'Amoralité

Séquence 0

Nous avions convenu de rajouter "musulman" à mon cv, ce qui faisait contraste avec le potentiel juif de mon prénom. Mon coach me massait les épaules. Nous avions repensé la littérature à zéro, ensemble, au coin du feu. Il avait lu toute mon oeuvre et chaque matin il me rappelait l'irréfutable contingence ; j'étais le meilleur écrivain de ma génération. J'avais travaillé dur pour y parvenir, j'étais un peu incompris aussi, car, finalement, la méditation du penseur échappe toujours au regard d’autrui. Il était dur avec moi, mais c'était pour mon bien, pour me forcer à conclure mon oeuvre historique. Pour me distraire, j'avais décidé d'entamer un feuilleton littéraire en 12 épisodes. Je lui ai demandé : "Tu connais Karl Poppers, le célèbre philosophe des sciences ?", il m'a répondu : "Le poppers ça sert à dilater l'anus pour faire un fist anal...". Mon coach n'était pas cultivé, mais il avait un don pour détendre l'atmosphère.

Séquence 1

Cynthia Robinson, c'était le genre de nana qui avait tout pour plaire. Après de brillantes études de droit, et un corps parfaitement entretenu, à peine marqué par les nuits blanches passées sous amphétamine à étudier des lois insignifiantes, elle avait largué son petit ami, celui qui l'avait soutenu pendant toutes ses études, pour se trouver un homme mûr, mûr dans sa tête et dans son pantalon, enfin, dans la poche de son pantalon, là où il mettait son portefeuille. Grâce à ça, Cynthia Robinson vivait dans un très bel appartement, 400m², terrasse, cuisine super équipée, art-déco à la pointe de la tendance bon goût. Sa vie avait été un combat farouche et sans merci pour obtenir ce confort surdimensionné. Le réalisateur enchaîne des morceaux de séquences où on voit Cynthia, enfant, se battre pour sa survie, puis, jeune adulte, refiler des faux tuyaux à ses collègues étudiants pour assurer sa victoire, puis un fondu progressif vers Cynthia au volant de sa décapotable rouge, les cheveux au vent. Cynthia sourit à la caméra, la maquilleuse intervient, on retourne la scène, le rouge de la voiture ressort mieux avec son fond de teint. Parfait.

Séquence 2

Mon coach avait un fils de 16 ans, et on l’avait laissé dans une pièce avec ma fille de 11 ans, enfin, l’actrice de 17 ans qui jouait ma fille, mais l’enfant du coach n’avait pas très bien cerné la différence car il était trisomique. Ce n’était pas le pire. Il était frappé d’une leucémie aiguë myéloblastique. On avait essayé la médicine chinoise, puis l’ARN-fragments, mais la chimiothérapie était devenue indispensable. Mon coach s’en foutait car il avait rejeté depuis longtemps la faute sur la mère, une vieille prostituée de 42 ans qui en paraissait 29. J’aimais tout ce beau monde. Le fils de coach m’aidait à relativiser, il me rendait plus sage. J’avais besoin de lui pour devenir meilleur écrivain.

Le téléphone sonne, c’est Rodolphe Trivers, l’adjoint du rédacteur en chef de ELLE, celui qui m’a infiltré dans une soirée V.I.P la semaine précédente.  J’avais rencontré en vrac : la couturière Stella McCartney,  le dessinateur caustique Tronchet, le fils de Pierre Bellemare (c’est dans son fauteuil de Paris Match qu’un administrateur réseau m’a tiré ma première pipe à 15 ans), le rédacteur en chef de Ciné Télé Revue Marc Deriez (que j’ai embrassé dans les chiottes contre une demi P), le boss du réseau voltaire Thierry Messian (très hypé en ce moment), Tome&Janry, Robert Del Naja de Massive Attack, Bruno Gaccio, Billy Corgan, Prince Laurent, Mylo, Avril Lavigne (toujours partante pour une ligne de coke), DannyBoon, le rédac chef de « Pour La Science » Philippe Boulanger, Kamel de Koh-Lanta,  Kelly Osborne, Professeur Jean-Louis Krivine, Gérard Pires… puis on avait bougé dans une limousine louée avec Laurent Baffie, Adriana Karembeu, Ramzy et le monsieur météo de TF1, on a terminé dans une after sponsorisée par Martini, avec Manu le Malin, le batteur de Kyo, Djibril Cissé, Jean-Luc de la star’ac 5, le frère de Patrick Timsit… J’avais pris note de toutes ces rencontres dans un carnet que j’ai perdu, on m’a tendu un gsm et c’était Cynthia Robinson qui avait un problème. La sagesse me poussait à stopper la fête et à aller l’aider.

Séquence 3

Je montais un réseau chez Paris Match avenue Louise, puis l’administrateur réseau en chef, âgé de 19 ans, m’a touché la bite. J’ai dit qu’elle n’était pas propre. Il m’a traîné aux chiottes. Il a lavé mon pénis. On est monté à l’étage, c’était les bureaux de la chaîne LTA, une chaîne de télé-achat aujourd’hui disparue, Pierre Bellemare en détenait 51% du capital, il avait un bureau à cet étage. L’administrateur réseau m’a sucé dans le fauteuil de Pierre Bellemare.


Séquence 4

J’en reviens à Rodolphe Trivers, le type qui m’a téléphoné pendant que j’écrivais mon roman avec mon coach. Mais je dois m’arrêter là, ça fait 30 minutes que j’écris, suite au prochain épisode. En plus, normalement, un épisode ça dure 25 minutes. Le caméraman est déjà parti de toute façon, en laissant un mot tout de même : "Ce qui importe n'est pas le cri, mais la compréhension que l'hôte et l'invité sont la même personne. Qui est l'hôte ? Personne d'autre que votre être véritable". Un écrivain qui s'ignore, de la concurrence en moins.

Pinpin la marionnette

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La Vérité sur le Monde : série en 12 épisodes. « Réponse #2 le: novembre 29, 2005, 14:55:13 pm »
La Vérité sur Le monde. Série Pseudo-Hebdommadaire en 12 épisodes.

Mercredi 21 novembre 2007.

Episode 1.

Titre de l'épisode : J'ai ordonné aux saouls-marins de me donner à boire.

Thème de l'épisode : Assurance et ergodicité.

Séquence 5


J'avais vraiment du mal à dormir sans le coach. Quand on est habitué à dormir dans les bras de quelqu'un, une nuit en solitaire devient un véritable supplice, je comprends ces pauvres vieux qui crèvent de chagrin une fois le conjoint endormi définitivement sous les racines des pissenlits. Ma mère me disait que respirer un pissenlit ça faisait pisser au lit. Toute ma jeunesse j'ai travaillé à trouver une corrélation entre le pipi au lit et les pissenlits.

Quand ma femme m'a quitté, elle avait choisi de partir en pleine nuit, pour que je comprenne clairement bien que, dorénavant, je devrais me contenter de mes seuls draps pour me tenir chaud. Elle m'avait quitté parce que j'écrivais au lieu de tenir mon rôle d'homme. Quand elle est partie, je n'ai plus réussi à écrire une ligne. Elle m'a laissé notre mioche parce qu'elle savait que j'étais un bon père, ou peut-être qu'elle avait honte, ou peut-être que son nouvel amant ne supportait pas les enfants. J'allais sur des forums prépubères sur internet où j'écrivais des nouvelles en 12 épisodes sans queues ni têtes. Je n'arrivais pas à m'occuper de notre petite fille, ni même de l'actrice qui jouait son rôle. Je n'arrivais même plus à m'occuper de moi. Je laissais le four branché des journées entières, la baignoire débordait en permanence, j'arrivais plus à me torcher le cul jusqu'au bout, lassé de tout, j'entassais anarchiquement vêtements sales et propres, parfois, je gardais le même pull et la même trace de freinage sur le slip pendant des mois. Les factures s'accumulaient, on est resté des semaines entières dans le noir avec ma fille qui n'allait plus à l'école bien entendu. J'envoyais des e-mails de désespoir mais je ne recevais jamais de réponse, la facture adsl était impayée depuis plusieurs trimestres. Après plusieurs semaines sans télé, j'étais devenu has-been, la mode m'avait filé entre les doigts, j'étais un dinosaure. L'éditeur m'a envoyé un coach pour remettre de l'ordre dans ma vie. La presse allait m'oublier, il fallait que je republie, même une merde, l'éditeur était prêt à mettre le prix. Le coach était un moitié célèbre, sur MTV, il avait déjà transformé des informaticiens affreux en playboy des campus.

J'ai appelé mon coach vers 3h30, je n'arrivais pas à dormir, mon voisin faisait péter un cd de Metallica trop fort ; le seul prétexte que j'ai trouvé pour motiver coach. Il est arrivé quelques minutes plus tard avec un pac de 6 bières, habillé en marcel, légèrement décoiffé, mais toujours plein de classe. On a regardé "jeu de nuit" sur RTL, j'ai téléphoné 62 fois, j'ai été trois fois le 10ème appelant, la réponse était 7, comme le nombre de nains chez Blanche-Neige. J'ai perdu. Puis on a regardé des clips de R'n'B en boucle. C'est vers l'aube que je me suis souvenu du coup de fil de Rodolphe Trivers.

Séquence 6

Rebecca Livingstone, c'était le genre de nana qui avait tout pour plaire. Après de brillantes études de commerce, et un corps parfaitement entretenu, à peine marqué par les nuits blanches passées sous amphétamine à étudier la macroéconomie, la gestion des ressources humaines et le droit fiscal, elle avait largué son petit ami, celui qui l'avait soutenu pendant toutes ses études, pour se trouver un homme mûr, mûr dans sa tête et dans son pantalon, enfin, dans la poche de son pantalon, là où il mettait son portefeuille. Grâce à ça, Rebecca Livingstone vivait dans un très bel appartement, 384m², terrasse, cuisine super équipée, art-déco à la pointe de la tendance bon goût, jacuzzi. Sa vie avait été un combat farouche et sans merci pour obtenir ce confort surdimensionné. Le réalisateur enchaîne des morceaux de séquences où on voit Rebecca, enfant, se battre pour sa survie, puis, jeune adulte, refiler des faux tuyaux à ses collègues étudiants pour assurer sa victoire, puis un fondu progressif vers Rebecca au volant de son Opel Tigra, les cheveux au vent. Rebecca sourit à la caméra, la maquilleuse intervient, on retourne la scène, le reflet des gentes ressort mieux avec son fond de teint. Parfait. La voiture de Rebecca rentre en collision avec la voiture de Cynthia. Le volant de la décapotable défonce ce qui était autrefois la jolie gueule de Cynthia. Une barre de métal traverse une cuisse de Rebecca, des éclats de verre lui lacèrent la figure, une clavicule et son sein gauche sont broyés par la ceinture de sécurité. Le réalisateur appelle le département casting pour trouver de nouvelles actrices pour les scènes de flashback.

Séquence 7

Quand je suis sorti des toilettes, coach avait changé de tête, c'était un type plus mince, plus jeune, plus barbu, mais assez mignon quand même. "Je suis Jason Brian, je remplace ton coach aujourd'hui, allez grouille, tu dois encore écrire 5 pages !". Il était moins motivant, j'avais envie de l'arnarquer. J'ai fait semblant d'écrire, je tappais des mots aléatoirement, il ne se rendait compte de rien. Un vrai coach débutant. Esotérique, désopilant, malgré moi, je, je veux, je veux pas, pourquoi, et coach par ci, coach par là, et je tourne en rond et voilà, et hop, allez, encore 5 pages dit-il avec sa sale gueule. Sale coach qui pue. Dans ton cul, dans ton cul dans ton cul, tu ne m'auras pas, je glande si je veux.

Après j'ai recopié un paragraphe en faisant copier-coller, j'ai juste changé un prénom ou deux. Il n'y a vu que du feu. Le caméraman, par contre, avait tout capté à mon stratagème, mais cela semblait l'amuser. Le preneur de son m'a tendu un dictionnaire pour que j'écrive encore plus de phrases aléatoires.

Le nouveau coach semblait pensif, il n'avait pas confiance en moi, il était scolaire, formel, chiant. Il faisait son boulot de coach sans âme, sans coeur. Il était là et semblait calculer chaque seconde, il comptait insidueusement son salaire dans l'ombre de ses pensées tordues. Je le détestais. Quand ma fille est rentrée de l'école et qu'elle l'a vu, elle m'a regardé de travers, un regard qui voulait tout dire "Après maman, c'est le coach que tu as fait fuir". J'ai baissé les yeux et j'ai écrit une phrase vide de sens. Et l'hélicoptère névroleptique s'immola dans la pluie verte. L'actrice qui jouait ma fille a commandé un Orangina.

Séquence 8

"Elle est grosse ta queue" disait l'administrateur réseau. Il m'énervait, il semblait prendre plus de plaisir que moi. En pensant très fort à des fantasmes oubliés, j'ai joui dans sa gorge. Il a tout avalé sans broncher, puis il est allé se servir un pepsi, et il a continué à coder une stupide page en javascript. De mon côté, j'ai téléphoné à quelques amies pour leur expliquer mon viol chez Pierre Bellemare.


Séquence 9

J’en reviens à Rodolphe Trivers, le type qui m’a téléphoné pendant que j’écrivais mon roman avec mon coach, et dont je me suis souvenu de l'appel un matin, après une nuit blanche R'n'B devant la télé. Malheureusement, les 25 minutes de cet épisode sont écoulés. Je me souviens juste que la voix de Rodolphe tremblait, il s'était passé quelque chose de grave. "L'action est très facile, mais les humains la rendent ardue de par les restrictions qu'ils s'imposent. C'est ainsi que le moindre souffle de liberté est étouffé". C'était le mot traditionnel du caméraman. Je l'ai plié, et je l'ai rajouté dans mon roman, discrètement.

Pinpin la marionnette

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La Vérité sur le Monde : série en 12 épisodes. « Réponse #3 le: novembre 29, 2005, 14:59:07 pm »
La Vérité sur Le monde. Série Hebdommadaire en 12 épisodes.

Lundi 2 juillet 2031.


Episode 2.

Titre de l'épisode : Carnage à Alexandrie

Thème de l'épisode : Virulence

Séquence 10

La célébrité m’était tombée dessus assez rapidement ; aussi abruptement qu’une secousse sismique en plein Pakistan, comme un poids supplémentaire dans ma vie déjà surchargée. Après la publication de Romanesque, mon premier roman, j’ai été invité pour parler quelques secondes chez Bernard Pivot. Pour ma première véritable télé, j’étais légèrement stressé, j’ai essayé de faire l’effet charismatique Amélie Nothomb (qui avait déclaré, lors de sa première télé, à 25 ans, qu’elle méritait le prix Nobel de littérature), mais ça a foiré, je faisais plutôt l’effet soporifique d’un Houellebecq ; très bon écrivain, mauvais orateur. La rumeur s’est vite répandue, les ventes ont commencé à décoller 6 mois après la rentrée littéraire, une époque où je n’y croyais plus ; j’avais déjà retrouvé un job dans le développement web pour nourrir ma femme et ma fille. Ardisson me voulait dans son émission, mais je n’avais aucune actualité. Avec l’éditeur, on a épluché minutieusement toutes mes nouvelles, tous mes poèmes, toutes les notes que j’avais laissé, étant jeune, sur les forums étudiants. On a tout compilé dans un ouvrage de 100 pages : Nouvelles Transhumaines. On a sorti ça en vitesse, il y avait encore des fautes d’orthographes à certains endroits, mais ce n’était plus important maintenant, ce n’était plus à ça qu’on me jugeait. A un certain niveau, la qualité des créations n'est plus importante. Chez Ardisson, qui commençait à devenir un peu sénile,  à mon entrée sur le plateau, il y avait l’ex-femme de Nicolas petit lapin qui pisse derrière la tente, Patrick Bruel, Baffie et BHL autour de la table. J’étais déjà un peu saoul. Puis tout a été très vite, j’ai raconté ma vie, on m’a confronté avec un théologien islamiste que j’ai descendu en flèche, j’ai déclamé, arborant un sourire léger mais indéniablement satisfait, quelques phrases chocs que j’avais préparées avec l’éditeur. Une petite "interview croyance". Puis, je suis resté jusqu’au blind test, j’ai trouvé in extremis « Black Eyed Peas » et « Janet Jackson », offrant ainsi deux points à l’équipe de Bruel.  Après l’enregistrement de l’émission, on a été fêter le tournage, il y avait quelques gens supplémentaires : Mila Jocovich, Michael Yoün et sa femme Elsa Pataky, Larcenet, Jeffrey Eugenides, le mari de Kate Moss, Hugues Bersini, Patrick Besson, Heidi Slimane, Rock Voisine, Réné Angelil le producteur/mari de Céline Dion, Fred et Jamie de « C’est pas Sorcier », Laurent Garnier, Fred Berthet, Mr Scruff, Gérard Jugnot, Alizée, Karl Zéro, Thomas Bangalter de Daft Punk, Gregory de la star’ac 4, Mylène Farmer, Isabelle Sorente, le frère de Scorcese, Jordy de la Ferme 2, Chimène Badi, Philippe Geluck, Beigbeder, Dan The Automator (la tête pensante de Gorillaz), Sharon Stone, Gino Russo, Nagui, Sophie Marceau, Cyril Drevet (avec un t-shirt « Hugo Delire » top tendance), Pascal Vrebos, K-Maro, Alicia Key, tous les membres de Franz Ferdinand,  Sofia Coppola, Wesley Snipes…

A l’aube, j’ai pris le Thalys vers Bruxelles, je devais donner une lecture de mes nouvelles dans une école de Uccle à 10h30. Totalement pété, j’ai eu du mal à articuler, ma mâchoire dansait toute seule, j’ai fini par m’évanouir devant une centaine d’ados. C’est passé au JT le soir même. Ma réputation était lancée. Mon blog accueillait 20000 visiteurs par jour, j’y faisais des prépublications exclusives, ça avait un succès monstre. Je recevais plein de manuscrits de jeunes auteurs avides de conseil dans ma boîte. J’ai été traduit dans 17 langues. Mon livre et mon recueil de nouvelles étaient lus dans les écoles. J’ai gagné le prix de Flore du meilleur premier roman, ça a bien reboosté les ventes. J’ai sorti mon album de musique électronique expérimentale dans la foulée, ça a bien fonctionné. On me demandait mon avis sur tout.

Et puis ? Plus rien. 5 années étaient passées, et le monde m’oubliait. Il fallait se remettre au travail.

Séquence 11

Il fait terriblement froid, mon écharpe est insuffisante, le bonnet est juste là pour décorer, le froid s'infiltre à travers chaque étoffe de tissu. Sur le trottoir d'en face, une silhouette familière semble me faire signe. Mon coach, enfin, le stagiaire qui remplace mon coach, me souffle dans l'oreille l'identité de la charmante demoiselle qui se dirige à présent vers moi. Je lui prends une main. Elle s’appelle Saïla.

On prend le train ensemble quelques mètres, puis, on va boire un thé. Je reçois un coup de fil, c’est Coach, le vrai, l’original, il est de retour. Je fais part de ma joie à peine contenue à Saïla, et je lui propose d’aller chez moi, manger un carpaccio, Coach est un si bon cuisinier. Jason Brian s'efface.

Je mets deux doigts dans la chatte de Saïla que j'écarte au maximum, je vais stimuler son point grafenberg avec mon majeur, pendant que ma langue branle son clit rouge saillant, un vrai petit travail d'horloger. Je déguste la délicieuse huile qui s'écoule de son sexe heureux. La température de la chambre dépasse largement les normales saisonnières, je m'attarde sur sa poitrine généreuse dont je malaxe les extrémités longuement. Je la pénètre sauvagement, le caméraman fait un gros plan sur sa bouche exprimant la jouissance et le plaisir divin. Coach, avec son sifflet autour du cou, m’encourage en clappant des mains. Il ne tarde pas à nous rejoindre. La musculature du coach est impressionnante ; ses pectoraux saillants déjà huilés pour l’occasion, sa façon de se tenir bien droit et de mettre en avant ses quadriceps et ses abdominaux. Le visage carré, le regard profond, Coach soulève Saïla par les cuisses et commence à la pénétrer profondément à un rythme soutenu mais précis, je prends des notes, le caméraman me filme en train de prendre des notes. Le preneur de son approche le micro du vagin, humide à souhait, de Saïla pour capter les sons de friction. Coach m’invite pour une double pénétration. Je pousse avec acharnement sur l’anus de Saïla qui finit par s’étirer. Il est bien tendre et moelleux. Un beau travail d’équipe. Saïla semble pleurer de joie. Le preneur de son pose sa perche et vient nous rejoindre, je lui laisse la place dans l’anus bien chaud, Coach me branle d’une main. Le caméraman approche son pénis des fesses du Coach qui se courbe pour faciliter la pénétration. L’actrice qui joue ma fille vient nous rejoindre sur le grand lit. Dans un râle de plaisir surpuissant, je gicle dans la bouche du preneur de son. Coach me met deux doigts dans l’anus et me stimule la prostate, je pousse des gémissements. Sous un oreiller, surprise, j’aperçois le visage de Jason Brian, heureux comme un poisson dans l’eau, Saïla lui lèche tendrement les testicules. Ma fille se fait lécher le sexe par le caméraman, ses cris de joie sont bientôt étouffés par l’énorme pénis de Coach qui s’installe profondément au fond de sa gorge.

Notre scène est interrompue par Cynthia en chaise roulante. Elle nous regarde avec sa figure déformée. Ses yeux de chiens battus. Elle verse une larme. Je lui demande de bien vouloir attendre dans le salon. Coach indigné se lève du lit et s’en va consoler Cynthia, il me jette un regard désapprobateur avant de la conduire dans une autre pièce. En me retournant, je constate que je suis nu et seul sur le lit. Le caméraman, le preneur de son et les autres acteurs me dévisagent. Je me sers un verre de whisky. J'allume la télé sur CNN et j'essaye de suivre un discours de Condolezza Rice.

Séquence 12

Le fils de mon coach, le trisomique, sort avec ma fille, enfin, je n’en suis pas sûr, mais il subsiste en moi quelques doutes. Coach semble inconscient des choses. Je lui ai demandé d’éloigner sa progéniture dégénérée de chez moi. Il a fait semblant de ne pas m’entendre. Je lui ai lancé un regard éloquent. Je suis parti aux toilettes, à mon retour, Coach n’était plus là. Jason Brian avait pris sa place. Je ne comprenais pas. Enfin si, je comprenais qu’avec Coach, il ne fallait pas se moquer des handicapés.

Séquence 13

Après la soirée V.I.P dans laquelle Rodolphe m’avait infiltré, j’ai reçu un coup de fil de Cynthia, enfin, c’est ce qui était affiché sur le gsm qu’on m’a tendu, je ne l’avais pas précisé. En fait, ce n’était pas elle au téléphone, c’était une de ses amies. Elle m’a expliqué que Cynthia était à l’hôpital, j’ai entendu les mots « grave », « urgent », « voiture »… Je suis sorti de la salle, j’ai pris un taxi, mais j’avais envie de gerber, alors je lui ai demandé de me ramener chez moi. C’est Rodolphe qui m’a rappelé le drame le lendemain. Le plus triste dans l’histoire, c’était que sa voiture était rentrée en collision avec une autre fille connue du milieu, Rebecca, maintenant plongée dans le comas pour un sérieux bout de temps. J’ai noté tout ça. Ma fille et la l’actrice qui jouait son rôle ont pleuré en même temps quand j’a annoncé la triste nouvelle. Le fils du coach sautait sur place frénétiquement en riant. Le caméraman souriait.  

Séquence 14

Un terrible accident. Cynthia fait pitié à voir dans son lit d’hôpital. Son nouveau mec semble dégoûté. Il me prend en aparté dans le couloir. Son costume est magnifique, je le jalouse gentiment dans ma tête. « Je ne pense pas que je peux continuer à vivre avec elle… tu comprends… son visage est tellement… ». J’ai mis une main sur son épaule. « Oui, je comprends, je vais la reprendre à la maison, ma fille sera contente de la revoir, ça ne me dérange pas, je te comprends, je suis son premier mec après tout, j’assume, et puis je l’aime encore un peu tu sais… ». On s’est remercié, j’ai annoncé la nouvelle à Cynthia, qui ne savait plus parler, elle avait mordu et sectionné sa langue dans la douleur atroce qui suivi son accident. « C’est par amour que je le fais ». Le réalisateur a introduit une montée de doux violons pendant que le caméraman zoomait sur les yeux humides de Cynthia. Puis la caméra s’éloigne et zoome sur ma main qui sert très fort celle de Cynthia. Mon réveil a sonné, les 20 minutes étaient écoulées, l’épisode prenait fin. J’ai tenté d’empêcher le générique de monter le long de l’écran, mais il était trop fort, j’ai été balayé dans les ténèbres du fond d’écran comme une vulgaire poussière.

Pinpin la marionnette

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La Vérité sur le Monde : série en 12 épisodes. « Réponse #4 le: novembre 29, 2005, 15:09:49 pm »
La Vérité sur Le monde. Pseudo-Série pseudo-hebdommadaire en 12 épisodes.

Lundi 5 mars 1995.


Episode 3.

Titre de l'épisode : Déstabilisation

Thème de l'épisode : L'amitié intemporelle

Séquence 15

Je prends le petit déjeuner avec Coach, en arrière plan, un jeu télé du temps de midi. Coach est habillé dans un polo moulant signé Narsico Rodriguez et un vulgaire training kappa, un sifflet pendu au cou, il est mal coiffé, et sa barbe semble avoir été générée aléatoirement. Je suis vêtu de mon traditionnel peignoir Galliano, un peu vétuste, mais toujours furieusement élégant, et de mes pantoufles Valentino. Je lui parle de mon œuvre, de mon avancement misérable de ces dernières semaines. « Il faut trouver une solution pour la suite de la série, on ne peut pas miser sur le cul tout le long, et puis, avec l’orgie de la semaine dernière, je crois qu’on est vraiment allé au bout de la question, le public obsédé sera ravi… mais il faut autre chose...». Coach a la tête plongée dans son bol de Choco Pops, il se redresse lentement en marmonnant, le lait se délivrant de ses narines : « Je pense qu’il est temps de faire intervenir les forces du Mal…». Il a raison le bon bougre, l’enflure, il faut passer à la vitesse supérieure maintenant. Je me prépare une biscotte au miel en pensant à la phrase pleine d'intelligence et de sagesse qu'il vient de prononcer.

Il y avait du progrès dans l'hygiène ces derniers temps. On avait rangé un peu l’appartement, on avait enfermé Cynthia dans la cave, on avait taillé une petite porte pou faire glisser un peu de nourriture ; Coach allait nettoyer ses excréments tous les dimanche. On avait pas encore pensé à lui changer ses vêtements. Ma fille descend de l’étage accompagnée de l’actrice qui joue son rôle, elle a un sujet sérieux à aborder. Le son de télé s'évanouit en un fade out subtil. « Papa, pourquoi m’as-tu appris les mathématiques, la musique, plusieurs langues, si c’est pour me placer dans une institution de couture ? ». Mon sourire de bienvenue disparait brusquement. « Ecoute chérie, quand maman était encore de ce monde, j’étais vraiment motivé par ton éducation, c’était bon pour l’équilibre du couple. Depuis que maman est morte, je n’ai plus la tête à ça. Et puis, la culture est superflue quand on a un père célèbre, ne t’inquiètes pas, ton avenir est assuré… ».

« Maman n’est pas morte. »

« Tu écriras des livres comme papa, tu seras aimée, regarde le coach, il gagne plein d’argent et il a pas fait d’étude pourtant, pas vrai coach ? ». Coach acquiesce avec un petit sourire en coin.

« Maman n’est pas morte, elle est dans la cave. »

Je lui ordonne de monter dans sa chambre à cette petite garce. Elle s’exécute, je prends ma tête entre mes mains. La vie de père me rendait fou, j'ai besoin d'un fix, là, maintenant.

« C’est trop dur d’élever des enfants Coach… »

Coach, la mine grave, me sert un bourbon et me console immédiatement :

« Les enfants grandissent, ta fille va bientôt avoir 12 ans, elle se pose des questions, c’est normal, bientôt elle va partir tenter l’aventure, ailleurs, elle a le droit aussi de ne pas suivre la voie de son père, elle a droit de se lancer dans la vie sans toi, tu ne peux pas diriger sa vie à son insu...»

Coach est vraiment un grand homme, plein de bon sens. Il passe un coup de fil à son fils trisomique qu'on a placé dans une institution, pour éviter que je le frappe ; toute forme de promiscuité avec cet être dénégéré et inutile provoquait chez moi des spasmes violents, Coach avait dû se résoudre à ne plus l'emmener avec lui.

Séquence 16

On devait introduire les forces du mal, j’ai commencé à plancher sur un nouveau personnage d’épouvante. Je pouvais écrire n'importe comment, de toute façon, j'étais célèbre. Je suis remonté dans mes souvenirs d’adolescence, dans mon école secondaire, il y avait un éducateur, un pion, insignifiant, habillé tout en noir, avec de longs cheveux sombres et gras, la mine ravagée par l’alcool ; il est mort et, deux jours après, personne n’en parlait plus. Sa mort fut aussi discrète que sa vie. Il n’existait pas. Son histoire et son nom étaient inconnus de tous, il errait dans l’école comme un fantôme, dans sa veste usée de vieux motard, le regard éternellement épuisé par la vie.  J’étais adolescent, et je me foutais de ce type qui inspirait tout ce que j’étais sûr de ne pas devenir : un alcoolique puant, célibataire, qui n’avait trouvé qu’un ridicule job dans une école perdue dans une région économiquement malade. Parfois, il tenait « l’étude », endroit où étaient tassés les élèves qui n’avaient pas cours, pour cause de prof absent, de retenue, d’heure de battement dans l’horaire. Son autorité était fantomatique, ses injonctions, sensées interpeller la foule et imposer le silence, se perdaient dans l’air, se faisaient absorber, sans conviction, par les murs qui semblaient le fuir.  Le pion, dans l’école, n’avait de toute façon aucune force coercitive. L’obéissance qu’on lui accordait  ne fluctuait que selon l’humeur du groupe. La seule punition possible était une note dans le journal de classe, une retenue au pire. Dans le bulletin, des points étaient accordés à la « conduite en classe », cette cote n’avait aucune importance. Le fantôme noir m’avait surpris en train de parler, je me foutais sans doute de sa gueule et des vibrations cosmiques de moquerie avait sans doute atteint ses tympans, par une mauvaise combinaison stochastique de répercutions du signal sonore dans la pièce. Il avait pris mon journal de classe. A la fin de l’étude, il me l’a rendu, il avait indiqué une ligne, à la mauvaise date en plus. Une ligne rouge. Une ligne tremblante et rouge, une ligne fatiguée, qui n’avait aucun sens. C’était deux semaines avant sa mort. Avec quelques potes, on lui avait donné un nom : il était The Vampire, à prononcer avec un accent américain difforme : Zssse VannePaïre. Le caméraman zoome vers mes mains. Il était temps de lui écrire une vie.

Séquence 17

The Vampire pouvait vivre le jour, contrairement aux autres vampires. C’était grâce à l’alcoolisme. Après avoir bu du sang d’alcoolique, The Vampire, enfant, a pu bénéficier de pouvoirs inédits grâce à sa configuration génétique qui laisse, bientôt 10 ans après sa mort, perplexe les plus brillants des scientifiques contemporains. Il pouvait vivre le jour mais il était devenu dépressif, en échange, en plus du manque de sang, il était perpétuellement en manque d’alcool. Après avoir été éjecté de plusieurs groupes de métal (« t’as le look, mais t’as vraiment pas de talent man »), The Vampire était bien seul et sans diplôme. Il avait dévoré, sans conviction, ses parents, puis est parti tenter l'aventure dans la campagne. The Vampire s’est lancé dans l’enseignement, à la recherche d’un sang adolescent pur pour lui redonner sa vraie puissance de vampire d'autrefois. Le rôle de prof était trop limité, il n’aurait accès qu’à quelques classes de l’école, ce qui aurait réduit ses recherches. Il est donc devenu pion, pour avoir accès à tous les élèves de l’établissement. Sur plus de 1000 élèves, il trouverait sans doute le bon, l’élu. Manque de chance, suite à une cuite mémorable, The Vampire est mort, carbonisé dans sa maison. On a rien retrouvé, excepté un enfant de 5 ans, qui avait survécu aux flammes.  L'enfant était très beau et ressemblait The Vampire, la police a déduit que c'était son fils, aucune opération de logistique ADN n'a été requise par le juge, et le môme a été transféré dans un orphelinat où il a subit de nombreux attouchements sexuels et plusieurs formes d'harcèlement moral.

Séquence 18

Coach découpait des carottes dans son petit tablier rose. Je faisais semblant d’écrire pendant qu’on me filmait. Le preneur de son écoutait un album de Dead Can Dance sur son Ipod. L’actrice qui jouait ma fille est rentrée accompagnée d’une jeune homme, vêtu de noir, mal coiffé, une longue chevelure noire et des mèches lui tombant devant les yeux. Il avait quelques traces d'acnée sur le front, et un duvet immonde en guise de moustache. « Papa, je te présente mon petit ami, Leandro, il a 16 ans, et il joue de black death métal... ». J’ai dégluti. Coach m’a jeté un regard complice, a retiré son tablier et a commencé à se craquer les doigts. J’ai bien respiré avant de lui dire : « Tu n’es pas un peu jeune pour avoir un petit ami ? 11 ans, c’est pas un âge ça pour… ». « On a fait l’amour hier, et il m’a demandé en mariage, il est génial... ». Coach a poussé un gémissement sourd.

Ma fille était en pleur repliée dans un coin de la pièce. Moi et coach on foutait des coups de pieds dans la gueule de Leandro, le sale pédéraste, son nez a fini par céder. Je lui arraché des cheveux avec les dents. Coach serrait les poings en bavant : « Allez, encule le, vas-y… ». « Non Coach, on a dit plus de sexe dans ma série… ». On a foutu le conard à poil, et j’ai commencé à lui donner des low kicks bien puissants dans les testicules, Coach retenait les bras de l’ado pour éviter qu’il se protège. « Sale ado de merde, tous les mêmes, je vais t’apprendre… ». Je lui perçais ses boutons d’acnée avec une fourchette tout en broyant ses couilles avec mon genou, de toutes mes forces. Il avait maintenant 2 boules géantes entre les jambes, toutes bleues. J’en ai transpercé une avec la fourchette en hurlant de joie, un mélange de sang, de graisse et de truc blanc répugnant s'en échappait comme le pus de ses boutons. Le gosse a commencé à avoir des spasmes, il gerbait un machin vert, il a gerbé sur les pompes Versace de Coach, ce dernier, énervé, lui a déboîté la mâchoire d’un coup de pied d’une rare violence. Le môme a rampé jusqu’à la porte qui donne sur le jardin, il s’est roulé dans la pelouse en hurlant comme un porc qu’on égorge, avec sa sale voix d’ado merdique ; on le regardait les bras croisés faire son cinéma. Il hurlait. Puis sa tête a explosé. J’ai poussé un cri d’effroi quand un de ses yeux s’est écrasé mollement sur le mur à quelques centimètres de moi. Coach restait calme, dressé fièrement sur le pas de la porte, une carotte en main.

Le bide de Leandro s’est entrouvert doucement, et de ses organes a jailli un être innommable, visqueux, horriblement mince et immense, une créature faite de muscle, sans peau, une dentition horrible, plus impressionnante que celle d’un tigre féroce, ses yeux étaient gigantesques et entièrement sombres. La créature nous a regardé fixement avant de jeter, d’un coup de pied, la carcasse démembrée de Leandro dans un coin de buisson. Elle nous a dit lentement, d’une voix reptilienne : « Il faisait étroit là-dedans… ». Le coach a enlevé son t-shirt, la caméra a aussitôt zoomé sur sa musculature parfaite enchaîné avec un gros plan sur sa bouche. En parfaite synchro, Coach a dit : « Enfin… de l’action… ».  J’ai gerbé mon déjeuner à ses pieds. Le caméraman avait une érection, mais ce détail était insignifiant, on le coupera au montage final.
 
Séquence 19

La bestiole faisait un monologue. Coach se craquait la nuque avec un sourire carnassier. « Après l'orphelinat et plusieurs années dans votre école pourrie, j’avais trouvé l’élu, un jeune homme de 13 ans, très mignon. Je l’ai mordu, je l’ai bu, je l’ai vidé. Et rien. Il ne s’est rien passé. J’ai passé plusieurs années à faire des recherches et j’ai trouvé la solution. Ma transformation en vampire normal n’était possible que si je connaissais la mort, à nouveau. J’ai dû mettre en place un plan qui allait prendre une dizaine d’année. Je ne suis pas mort. Par un sort qui serait trop long à expliquer ici, j’ai réduit mon corps dans celui d’un enfant de 5 ans, et j’ai brûlé mon ancienne enveloppe charnelle, faisant croire ainsi à ma mort ; de longues griffes sont sorties de ses doigts fins et gluants. Le sort de transformation requiert un transfuge d’information à travers le temps, c’est là que j’ai eu l’idée de la ligne rouge dans ton journal classe. Il suffisait que tu en reparles une fois, pour que je sois sûr de remplir cette condition. Je m’y attendais, dans ma forme précédente, l’alcoolisme me permettait de prédire l’avenir, je savais que tu allais devenir écrivain et tu allais écrire à mon sujet, je savais aussi que tu aurais une fille fragile, autre condition primordiale, qui par son grand malaise intérieur n’hésiterait pas à coucher avec moi, voilà la seconde condition. Tu étais le seul qui remplissait les conditions de ce nouveau sortilège. Et aujourd’hui me voilà, après le transfert de la ligne rouge sur la ligne du temps, après le dépucelage de ta fille, il ne me reste plus qu’à boire son sang, boire le sang de celui qui a répandu l’information de la ligne rouge. »

Le coach serrait les dents et les poings en me regardant : « Bordel, quelle histoire tordue et mal écrite, tu aurais pu trouver plus simple !!! ». Je soulève les épaules en guise de pardon. Il prend un râteau, bien aiguisé, à deux mains et se dirige en hurlant vers la créature hideuse qui le repousse d’un geste de la main. Le coach va s’écraser piteusement dans un coin de pelouse, grimaçant, le râteau planté dans l’épaule. Il ne restait que moi pour contenir l’immonde chose.  L’équipe technique filme alternativement la bête et mon visage effrayé, le preneur de son enregistre la respiration du monstre. Ma fille s’enfuit dans la cave en pleurant pour libérer sa mère. La créature hurle comme un t-rex de Jurassic Park mais à un volume 1000 fois plus élevé. Les vitres volent en éclat, les effets spéciaux s’activent et le ciel devient sombre, les nuages défilent à toute vitesse, la foudre s’abat tout autour de la maison. Je sens de la pisse chaude s’écouler le long de mes jambes. Puis je crie : Fin de l’épisode. Tout le monde s’arrête de jouer sauf le monstre qui continue de hurler. « C’est le costume qui lui sert trop je pense » a dit le caméraman avant de se faire décapiter d'un coup de griffe.

DJ Cabine

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La Vérité sur le Monde : série en 12 épisodes. « Réponse #5 le: décembre 11, 2005, 21:57:20 pm »
Je me disais bien que tu avais l’envergure d’un écrivain ! smiley4