Auteur Sujet: mon prochain roman au camion noir !  (Lu 16679 fois)

konsstrukt

  • Vicomte des Abysses
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mon prochain roman au camion noir ! « le: janvier 09, 2014, 21:05:57 pm »
Bon. Je viens donc de parler à Dom Franceschi, éditeur au Camion Blanc et c'est, putain, c'est confirmé : mon prochain roman (La place du mort) sortira dans la collection Camion Noir cette année !!!

 Pour ceux qui ignoreraient de quel bois se chauffe cette maison MYTHIQUE (et je pèse mes mots), deux petits liens :
http://www.camionblanc.com/
http://www.camionnoir.com/

 Alors, si vous vous demandez quelle est mon humeur, bah en gros je touche plus terre. Disons que pendant qu'Alexandre Jardin feuilletait la NRF en s'imaginant chez Gallimard en train de serrer la pince à tonton Malreaux, moi je dévorais les bios de Joy Division en m'imaginant chez Camion Noir en train de boire un coktail avec Boyd Rice.

 Yeah !

Syd

  • Miguou des Ténèbres
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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #1 le: janvier 10, 2014, 22:20:57 pm »
félicitations !!

konsstrukt

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #2 le: janvier 10, 2014, 23:11:29 pm »
merci !

Carla Hoke

  • Vortex Chorizo
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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #3 le: janvier 11, 2014, 11:24:33 am »
cool

konsstrukt

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #4 le: janvier 11, 2014, 12:44:15 pm »
yeaah ! et bientôt des extraits

konsstrukt

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #5 le: avril 01, 2014, 22:27:24 pm »
Des nouvelles de La place du mort !

Dom Franceschi, mon éditeur, a terminé le travail de correction et de mise en page du texte.

Elodie Personne, ma correctrice, le relit une dernière fois pour en chasser les ultimes coquilles.

Bones (dont vous pouvez apercevoir le travail ici : http://www.bonesartworks.fr/) nous a envoyé ce matin le croquis de couverture, que nous avons tous les deux (Dom et moi, je veux dire) approuvé à grands coups de hourras, et s'attelle maintenant à l'illustration définitive, que j'espère pouvoir vous présenter d'ici une ou deux semaines.

Quant à moi, je ne fous plus rien sur ce livre que j'ai commencé d'écrire il y a environ quatre ans (toutes les aventures qui ont entouré sa rédaction feront l'objet d'une prochaine causerie, stay tuned, folks), à part le regarder fièrement passer entre toutes les mains que j'ai citées, et devenir de plus en plus beau et concret.

Sa sortie est toujours prévue pour le premier juin. En voici les toutes premières lignes, celles qui figureront en quatrième de couverture :

Quand j’étais retranchée derrière mon mur de flammes, avec Alice morte à mes côtés, quand j’étais là et que j’attendais que les flics surgissent, j’ai songé à tout ce qu’on a détruit, à tout ce qu’on a brûlé, et j’ai souri. J’ai songé aux chefs-d’oeuvre, à l’Histoire, à la culture, à la beauté, j’ai songé à toutes ces merdes qui ont traversé les siècles et que nous avons transformées en cendres, j’ai songé au néant, et j’ai souri.

konsstrukt

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #6 le: avril 19, 2014, 11:32:51 am »
LA PLACE DU MORT / MAKING-OF

C'est après avoir rédigé La Dernière Maison et Une Chance Sur Six, soutenu par un puissant sentiment d'urgence, à jets continus, du matin au soir, en écoutant en boucle douze à quinze heures par jour les trois ou quatre mêmes albums de doom, au grand désespoir de la personne avec qui je vivais alors (qui heureusement pour elle travaillait en dehors de chez nous) et qui soudain s'est retrouvée en ménage avec une espèce de fantôme, que j'ai traversé une violente crise personnelle.

Les romans terminés, j'ai aussi cessé d'écouter ces albums qui m'avaient accompagné pendant près d'un an, et me suis retrouvé oisif, dans le silence, abattu. Je n'avais plus d'éditeur – La Musardine, après sept romans, ne s'intéressait plus à ce que j'écrivais, et je n'avais pas encore rencontré les autres –, je n'avais plus d'idée, ça allait mal. J'ai donc fait la classique dépression du créateur. Il paraît que Goscinny menaçait de se suicider entre chaque album qu'il écrivait, on sait tous ce que devenaient Simenon et Topor quand ils ne travaillaient pas, moi j'ai eu le gouffre plus modeste : j'ai quitté la personne avec qui je vivais, j'en ai eu soudain plus que marre de cette vie, et j'ai foutu le camp. J'ai rejoint dans le sud mes copains alcooliques et artistes, un petit retour à l'adolescence ne m'a pas fait de mal.

C'est dans ses conditions que j'ai écrit un long texte qui ne s'appelait pas encore La Place Du Mort mais Le Grand Lilith Circus. J'habitais chez le type avec qui j'avais cofondé le collectif Konsstrukt, et qui à l'époque s'occupait, dans la cave de l'immeuble où il vivait et avec d'autres membres du collectif, d'un café-concert à moitié associatif et à moitié clandestin, le moins cher de la ville, celui qui ouvrait à n'importe quelle heure, qui fermait le plus tard, celui où on ne refusait personne.

Mes journées étaient simples. Je dormais quelques heures dans le canapé pourri du salon, je cherchais un appart que je ne trouvais pas (étrangement, les propriétaires montpelliérains ne sont pas très impressionnés par les écrivains sans éditeur vivant au RSA), je m'esquintais les oreilles et le foie aux concerts qui avaient lieu trois ou quatre fois par semaine à la cave. La belle vie, en somme.

Et puis cette phrase m'est venue de nulle part, un matin, je me suis réveillé avec et elle a longtemps été la première phrase de La place Du Mort, avant d'être catapultée de quelques pages presque au dernier moment :

« Je m’appelle Blandine et les connards ont trouvé toutes sortes de rimes pourries avec mon prénom. »

(Dans la première version de la phrase, Blandine signalait aussi qu'elle avait une grosse poitrine. La rime est restée très longtemps, elle aussi, avant de finalement disparaître pour revenir dans cette phrase-ci, quelques paragraphes plus loin : « J’ai vingt-six ans et une grosse poitrine, Blandine a une grosse poitrine »)

Et boum. Je savais que je tenais un roman. Dès lors, j'ai à peu près tout arrêté et me suis mis à bosser. J'avais un ordi portable, que je posais sur la télé, qui elle-même était posée sur une chaise, c'était parfait pour travailler debout.

Au bout de quelques mois, ma situation avait changé : j'avais trouvé un éditeur pour un de mes manuscrits, Nuit Noire (qui bizarrement, alors que pratiquement personne ne l'achèterait, allait m'ouvrir des tas de portes), et mes parents, que je n'avais pas vus depuis quinze ans, ont cassé leur pipe, me léguant par la même occasion une vieille baraque que je me suis empressé d'habiter.

Le manuscrit du Grand Lilith Circus était terminé. Il n'avait qu'un très lointain rapport avec ce que deviendra La Place du Mort. A l'époque, ça racontait plus ou moins comment Blandine, qui a une grosse poitrine, un gros appétit sexuel et que tout le monde prend à moitié pour une débile, fout le camp de son petit univers de connards étriqués en piquant une voiture, va explorer un peu la vie, et finit par rencontrer le Lilith Circus, qui est une maison de passe itinérante pour freaks – c'est à dire que les putes y sont toutes déformées d'une manière ou d'une autre, à la manière des anciens freakshows, et destinées à un public de pervers triés sur le volet.

Après ça, toujours sur ma lancée, j'ai écrit un autre roman, très sexuel lui aussi, où il était question d'un chauffeur de taxi, un peu largué après avoir vu un soir une nana défenestrer son bébé du haut d'une tour, qui rencontre une bande de types ultra riches, ultra costauds, gays et ultra virils qui s'avèrent être des loups-garous et en font sa mascotte sexuelle. Je n'ai jamais terminé ce roman, qui s'est cassé la gueule en route, et je me suis remis au Grand Lilith, que je n'avais encore ni relu, ni travaillé, qui n'était encore qu'un brouillon. Et ce que j'ai lu m'a consterné. L'idée était bonne mais très très mal exploitée, le texte était lamentable, irrécupérable.

Alors j'ai tout bazardé et recommencé, incorporant en cours de route le type largué et son trauma (mais pas les loups-garous gays), qui est devenu Sammy, dont Blandine tombe amoureuse. La maison de passe/freakshow a disparu, et l'errance métaphysique, nihiliste et porno a pris toute la place. Et c'est devenu La Place Du Mort, que j'ai fait lire, au fur et à mesure de sa rédaction, à quelques lectrices triées sur le volet. Je les avais choisies parce qu'elles étaient des mères célibataires et que leurs vies étaient très dures – je les avais choisies parce que si ces lectrices-là m'expliquaient que Blandine ne tenait pas debout et que mon histoire était idiote, ça n'était pas la peine que je montre ce manuscrit à qui que se soit d'autre. Et elles n'ont pas dit ça. Elles m'ont fait, ces lectrices-là, le plus beau compliment qu'on puisse faire à un écrivain, elles m'ont dit : putain, Blandine, ça pourrait être moi.

Bon. Blandine pète de sérieux câbles et fait des trucs vraiment tarés, et je ne crois pas qu'elles parlaient de ça, je ne crois pas qu'elles avaient envie de faire la même chose, ou alors juste dans les recoins les plus obscurs de leurs fantasmes, non, je crois plutôt qu'elles parlaient de la vision du monde de Blandine, très noire, très libre, très féministe, enfin, plutôt, qui est au féminisme ce qu'Action Directe est au Marxisme, voyez, et qui était proche de la leur, et qu'elles avaient pu exprimer, pour une fois, totalement, en adhérant à ce roman et en aimant ce personnage – que j'espère, vous allez aimer aussi, jusque dans ses actions les plus cinglées et les plus violentes.

Bien entendu, un roman aussi noir, aussi sexuel et aussi tordu a eu du mal à trouver son éditeur. La Musardine n'en a pas voulu : trop de sang dans le porno ; le Diable Vauvert n'en a pas voulu : trop de porno dans le sang ; Lunatiques n'en a pas voulu : trop de tout partout ; et c'est finalement Dom Franceschi, du Camion Noir, qui a eu cette phrase que je n'oublierai jamais : « C'est bien taré, j'adore ». La Place Du Mort avait gagné.

konsstrukt

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #7 le: avril 20, 2014, 22:08:42 pm »
Les fichiers de La place du mort ont été envoyé à l'imprimeur. Le Camion Noir annonce le livre en librairie pour le premier juin, mais il est possible qu'il sorte avec quelques jours d'avance, je vous tiendrai au courant.

La couverture, réalisée par Bones et mise en page par Dom Franceschi, est tout simplement superbe ! Rendez-vous mardi pour un dévoilement progressif, tout au long de la semaine, de ses charmes.

konsstrukt

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #8 le: avril 21, 2014, 10:39:19 am »
En attendant demain et le début du dévoilement de la couverture de La place du mort, je reposte un texte que j'avais déjà mis en ligne voici quelque temps, et qui explique pourquoi je suis fier de sortir au Camion Noir :

QUELQUES MOTS A PROPOS DU CAMION NOIR

Comme vous le savez déjà, mon prochain livre va sortir le premier juin dans cette maison d'édition, et vous savez aussi toute la fierté que j'éprouve. Accompagnant La place du mort, d'autres romans y paraîtront aussi. L'un d'entre eux est déjà sorti (Night Nurse, de Gala Fur et Véronique Bergen), l'autre (écrit par Sébastien Gayraud) est en cours de finition.

Vous comprenez ce que ça veut dire ?

Ca veut dire que cette maison, spécialisée depuis vingt ans dans les biographies et les monographies rock, et depuis six ou sept ans dans les essais sur ce qu'on pourrait appeler la face sombre de la pop-culture, se lance dans la fiction.

Est-ce que vous saisissez bien tout ce que ça implique ?

Vous vous souvenez, camarades écrivains foutraques, camarades lecteurs déviants, toutes ces années que nous avons passées à chialer parce qu'il n'y avait aucun éditeur qui soit à la fois assez taré et assez pro pour donner corps à nos fantasmes d'une littérature ambitieuse et tordue ? Vous vous souvenez ? Moi, je me souviens. Je n'ai oublié aucune des fois où, que se soit en tant que lecteur aussi bien qu'en tant qu'écrivain, j'ai appelé de mes voeux un éditeur qui aurait le courage qu'ont eu ceux qui découvrirent Selby, Ellis, Palahniuk aux USA. (et merde à ceux qui trouvent que j'ai la grosse tête. Vous avez lu le roman de Nicolas Albert G. ? Et vous avez vu chez quel connard il a signé, juste parce qu'AUCUN AUTRE N'A EU ASSEZ DE CERVELLE ET DE TRIPES POUR LE FAIRE ? Vous voulez que je vous fasse un dessin ?)

Et bien cet éditeur existe enfin. La cervelle et les tripes. Pour combien de temps ? Difficile à savoir. Ca va dépendre de l'accueil que le public réservera à cette tentative. A cette expérience. Est-ce qu'il y a une place, en France, pour une littérature déviante, hardcore, sauvage, choquante, mal-pensante, marginale ? Est-ce qu'il y a une place, en France, pour un éditeur professionnel désirant défendre cette littérature-là, ou bien sommes-nous condamnés à Internet, à l'amateurisme, à la photocopie et aux contrats merdiques avec des éditeurs qui n'en méritent pas le nom ?

Ca va dépendre de l'accueil du public. Oui. Si vous êtes cinquante à acheter nos romans, on remballe, l'aventure est terminée, ça signifie qu'il n'y a pas de place pour nous. Si vous êtes cent, nous (les auteurs) allons devoir pas mal défendre notre steack auprès des gens, chez Camion Noir, qui paient les factures et savent combien ça coûte, tout ça - mais y a des chances qu'on ne soit pas recalés. Si vous êtes deux cent, c'est gagné. Si vous êtes cinq cent, il se peut même que la presse culturelle se sorte les doigts du cul et se rende pour une fois compte qu'il se passe quelque chose d'intéressant au pays du fromage et du Front National.

Alors, à partir de mai, tout reposera sur vous.

Et je sais ce que vous allez me dire : ton roman, Bobby, on l'achèterait bien mais Le Camion Noir, c'est cher, c'est des escrocs, ils vendent trente balle des bouquins que les autres nous fourguent deux fois moins cher. Je vais vous expliquer quelque chose, les amis : si les autres vendent leurs bouquins quinze balles au lieu de trente, c'est qu'ils ont fait le choix de ne pas nous vendre nous. Dans l'industrie de l'édition, dans l'usine à bouquins, les chiffres qui décident que stop ou encore, c'est pas comme au Camion 50, 100, 200, 500 mais dix fois plus : 500, 1000, 2000, 5000. Ceux qui vendent les bouquins quinze balles peuvent se le permettre parce qu'ils ont des tirages beaucoup plus important que le Camion Noir et que plus on imprime et moins ça coûte - et c'est bien pour ça que nous serons jamais chez eux et c'est bien pour ça que le Camion prend un risque et c'est bien pour ça que je vous raconte toutes ces salades. Si vous voulez que les bouquins du Camion Noir soient deux fois moins cher, c'est pas compliqué, soyez dix fois plus nombreux à les acheter.

En résumé : si vous vous sentez concernés par cette littérature et que vous voulez qu'elle existe aussi concrêtement que, disons, un bras d'honneur à Gallimard, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

konsstrukt

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #9 le: avril 22, 2014, 08:38:04 am »
Première image du strip-tease de couverture, et à demain pour la prochaine !
Sortie de La place du mort le premier juin au Camion Noir, bientôt les infos pour pouvoir le pré-commander.


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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #10 le: avril 23, 2014, 00:24:47 am »
Deuxième image du strip-tease de couverture, et à demain pour la prochaine !
Sortie de La place du mort le premier juin au Camion Noir, bientôt les infos pour pouvoir le pré-commander.

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #11 le: avril 24, 2014, 10:29:59 am »
Troisième effeuillage (taNAnanaNA) de la couverture de La place du mort, à demain pour la suite !

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #12 le: avril 25, 2014, 17:59:39 pm »
Quatrième effeuillage de La place du mort, à demain pour la suite !

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #13 le: avril 26, 2014, 10:13:42 am »
Avant-dernier effeuillage de la couverture ! A demain pour le dernier effeuillage, et à lundi pour la couverture complète et les informations de pré-commande !

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Re : mon prochain roman au camion noir ! « Réponse #14 le: avril 27, 2014, 17:33:39 pm »
Dernier effeuillage de la couverture !
Rendez-vous demain pour la voir en entier et connaître les conditions de pré-commande du livre !
Sortie en librairie : premier juin.