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Messages - Tehanor

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Chouilles / les labels communautaires dont vous êtes producteurs
« le: décembre 21, 2007, 16:24:52 pm »
Salut tout le monde

Depuis quelques temps les labels communautaires suscitent un certain engouement en France. En l'espace de deux mois à peine, pas moins de trois nouveaux écloraient dans la langue de Molière, annonçant une rude bataille pour se partager le bassin d'investisseurs francophones. Trois labels, mais trois positionnements radicalement différents. Pendant que Spidart se la joue musique alternative, MyMajorCompany veut parier sur le carton médiatique et NoMajorMusik affiche une position plus modeste de label équitable "tremplin".

Mais que se cache derrière ces sites ? Suivant leurs homologues anglophones SellaBand, Artistshare, ou Slicethepie, les labels communautaires proposent une nouvelle vision "Web 2.0" de la production musicale. L'auditeur ne se contente plus de porter son artiste à travers les plateformes communautaires, mais en devient l'un des producteurs, finançant son poulain et partageant ses revenus une fois l'album produit. Plutôt que d'avoir une maison de disque finançant 1.000 artistes, nous avons 1.000 internautes finançant un artiste.

Les labels équitables avaient déjà amorcé un effacement du label par rapport à l'artiste, maintenant ils se retirent plus loin encore, ne devenant plus que de simples portails intermédiaires entre l'auditeur et le groupe. Mais pour ça, chaque site propose un modèle de fonctionnement qui lui est propre, traduisant souvent la vision qu'il porte sur l'industrie du disque et sur ce qu'elle devrait être pour être viable à l'avenir.

Je me suis donc penché sur le phénomène en étudiant ces sites un par un et en réfléchissant un peu sur leur principe même. Pour ceux que ça intéresse, le dossier est en ligne ici : http://www.ratiatum.com/dossier6096_Les_labels_communautaires_dont_vous_etes_producteurs.html N'hésitez pas à me faire part de vos avis  Merci ! smiley23

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Les oreilles / Geckko Tonic - The Air Conditionned Torture
« le: août 08, 2007, 00:36:56 am »
Ouais j'avais la flemme de chercher une fin alors j'ai esquivé le problème avec un vieux stretcher lol.
Sinon oui, c'est moi qui fait la gratte, ravi que ça te plaise  smiley4

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Les oreilles / Geckko Tonic - The Air Conditionned Torture
« le: août 08, 2007, 00:11:40 am »
Allez un autre petit morceau qui trainait...

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Les oreilles / Geckko Tonic - Plogojowitz
« le: août 07, 2007, 21:21:05 pm »
Merci pour vos commentaires ! J'étais pas totalement satisfait du résultat mais je savais pas ce qui clochait. Je pensais même que c'était le mix mais bon, apparemment non...  J'avais justement l'habitude de faire des compos qui partent dans tous les sens (http://cannibalcaniche.com/forum/viewtopic.php?t=5396) alors j'ai voulu rester plus soft pour celle-ci, mais visiblement, je l'ai trop été !  smiley9
Je rebosserai ça comme il se doit  smiley23

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Les oreilles / Geckko Tonic - Plogojowitz
« le: août 07, 2007, 18:23:42 pm »
smiley19

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Le cerveau / Ces bras sont des serpents
« le: mai 04, 2007, 22:09:15 pm »
Citation de: "djemija"
C 'est tout simple,et civilisé...
La plupart des gens font comme ça, en vérité...


Simple, pas forcément, mais civilisé, oui, ça l'est. C'est justement le truc qui m'attire dans l'opération. En petit laborantin des relations humaines que j'aime à m'essayer, j'ai testé pas mal de trucs (me faire passer pour un connard là où l'on attendait le gars cool, me faire passer pour un arrache là ou l'on attendait un gars serieux), chose qu'on aime tous faire de temps à autres je pense, à proportions différentes. J'ai commencé par m'amuser à changer de personnalité pour chaque situation, rien que pour me dépayser un peu, mais la drague, c'est vraiment là où j'y trouve le plus de plaisir. Ce sont des situations qui ont beaucoup de matière niveau socio/psychologique. Les contradictions, les jeux du non dit, l'hypocrisie, le lèche botte, et tout ce qui va avec. Finalement, à force de tomber dans des situations comme ça, on commence à trouver des choses récurrentes, des signes qui sont plus ou moins communs à chaque situation, on commence à savoir les décrypter et puis on s'amuse de ça. A chaque nouveau résultat, on tire des conclusions. On se dit "j'étais à côté de la plaque", ou "y me manquait juste ça et c'était bon". En fait, c'est un truc que j'ai fait par contrainte au début car je me suis bien senti obligé de jouer le jeu, mais maintenant, je fonce en plein dedans parce que ça m'amuse au plus haut point. Et puis, faut bien avouer aussi qu'au bout d'un certain entrainement, on gagne en estime de soi (oui, je suis très présomptueux) parce qu'on finit par appliquer de simples équations qui marchent plus ou moins. Et, comme l'homme a pu se sentir en confiance et abandonner ses dieux après avoir maitrisé les éléments naturels, au plus on comprend l'être humain, on plus on se sent en confiance et on oublie ses craintes, ses lubies, ses espoirs. Car comprendre comment agit un être, c'est le posséder. Heureusement qu'il y a toujours des personnes imprévisibles sur qui on a aucune prise et qui sont toujours capables de nous étonner, sinon le monde serait bien ennuyeux. Mais la plupart des gens sont parfaitement maîtrisables une fois que vous les avez compris. Pour moi, c'est ça le pouvoir, c'est pas la thune, l'intelligence, le milieu social, ou je ne sais quoi d'autre. C'est savoir analyser les gens et savoir s'adapter à ce qu'ils veulent entendre quand il le faut. C'est pas toujours facile mais une fois que c'est acquis, vous pouvez baiser tout le monde. Pour moi, c'est la principale explication qui fait que j'ai réussi mes études, que j'ai trouvé un job, et que j'peux tirer mon coup de temps en temps - ou plutôt rouler des pelles, car j'aime pas baiser à l'arrache. Le revers de la médaille, c'est qu'on finit par vivre dans un monde d'amuses gueule et les seules personnes pour lesquelles on devient complètement fou ne sont pas les plus intelligentes, les plus cultivées, les plus thunées, les plus sages, plus arraches, plus belles, etc., mais celles dont on n'arrive pas à anticiper les réactions.

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Le cerveau / Ces bras sont des serpents
« le: mai 02, 2007, 21:53:23 pm »
Citation de: "cloporte atomisé"
Pour moi en tout cas, ça ne s'est jamais passé comme ça  10-12 bières et hop à la maison
 smiley10


Ca ne contredit en rien ce que je dis, tu soulèves juste un détail de l'équation qui fait que l'homme ne puisse assouvir ses besoins physiques qu'avec un savant mélange de paroles et d'alcool, et qui va varier selon la personne, certaines veulent des philosophes, d'autres veulent perdre leurs inhibitions. J'suis sûrement aussi habile à ce jeu qu'un gosse avec chimie 2000. Trop bourré quand y faut parler, trop de paroles quand y faut passer à l'action. Après, certains considèrent que les dragueurs, ce sont les kékés en chemise qui sentent le axe à 15 mètres et qui vont offrir un cocktail au pamplemousse à la gonzesse d'à côté avec un sourire déposé par colgate. Moi, je considère que tout est drague. On essaie de rejeter la dragouille parcequ'on trouve c'est bas, mais la vie est une perpétuelle dragouille, on se vend sans cesse, à son patron, à son pote, ou à la dame pipi de la gare, JUSTE que lorsque c'est fait avec qqu'un du sexe opposé, y'a de basses intentions derrière alors on aime pas. Pourtant même ne pas draguer, c'est de la drague, et c'est un peu ce qui fait que la drague classe, c'est celle qui est faite sans avoir l'air d'en être. Ce qu'on vante comme naturel au détriment du superficiel, c'est juste le fait de reconnaître que ceux qui draguent sans avoir de le faire sont ceux qui le font mieux. Bref, c'est un peu le jeu du mec bourré qui doit pisser dans les chiotes en regardant une mouche voler sans mettre une seule goutte à côté. Plus il aura bu de bière, plus il sera à donf dans son jeu, mais plus il aura de chance de pisser sur les télé loisirs par terre. Ouai, tout le monde rêve de revenir à la guerre du feu, mais en même temps, un cul plus poilu que le mien accroupis devant une rivière, ça me tente pas plus que ça. Alors, j'suis bien content d'essayer de pisser en évitant d'arroser la tête à Sabatier.

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Le cerveau / Ces bras sont des serpents
« le: mai 01, 2007, 19:15:11 pm »
Citation de: "djemija"
smiley5 toujours aussi tendues tes histoires de dragues....ça se finit toujours plus où moins pas comme on voudrait....et c'était qui, la "Rockstar"?


le chanteur de These Arms Are Snakes

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Le cerveau / Ces bras sont des serpents
« le: mai 01, 2007, 19:13:32 pm »
Citation de: "SQallY"
et bin j'aimerai pas me faire draguer par toi sachant comment tu cogites derrière, je serai pas à l'aise, j'me dirai pourvu que j'dise pas un truc stupide en bafouillant où alors il va me descendre intérieurement...smiley6
enfin on est tous un peu pareil après tout, on réfléchit et analyse des situations marquantes que l'on a vecu après coup...mais j'ai l'impression que tu intellectualises un peu trop tout quand même c'est flippant un peu..ça doit pas être évident de discuter de choses futiles avec toi si ? smiley9


j'ai juste l'intime conviction que la discussion homme femme potentiellement attirants a peu de chances de n'avoir aucune arrière pensée derrière, même si on essaie souvent de le cacher par intérêt (pour la personne en face ou soi même). Force est de constater (peut être à tord ?) que la femme moderne s'attrape difficilement sans un minimum travail de tchatche au préalable, alors j'essaie de mettre le paquet (sûrement à tord).

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Le cerveau / Ces bras sont des serpents
« le: mai 01, 2007, 18:57:40 pm »
Citation de: "cloporte atomisé"
Ah, j'adore tes déboires dragueuses !!  smiley23
Encore d'autres avec de l'action, des sentiments, du cul !!!!


Ouais, faut que je m'attaque à une autre assez fun, y'aura un peu de cul cette fois ci, mais ça sera toujours autant la loose
comme d'hab quoi ! héhé

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Le cerveau / Ces bras sont des serpents
« le: avril 22, 2007, 21:24:45 pm »
Les gens restent figés à l'approche de la rockstar. Celle-ci se meut au milieu des foules comme un pantin désarticulé, la ceinture du futal autour du cou, et le fil de micro enroulé au travers de la tronche. Elle revient sur scène, se tortille dans son t-shirt, s'affale à terre, rampe jusqu'au poteau, s'accroupit pour s'enrouler autour, et se balance doucement à la manière d'un autiste. Le son se coupe quelques secondes, « sorry, we are so unprofessionals » – je rigole tout haut pour monter que j'ai bien compris son anglais machouillé. La rockstar se prend les pieds dans le retour et se ramasse une nouvelle fois. Un type au premier rang la prend par les bras pour la relever. Au fond, la rockstar se fout pas mal de se retrouver les quatre fers à l'air, mais elle fait monter en vous cette espèce de compassion que vous pouvez éprouver à l'égard de bourrés qui ne savent plus tenir debout. D'ailleurs, Tristan me glisse à l'oreille « p'tain, le chanteur, y'est complètement déchiré » mais il se trompe. La rockstar calcule trop bien ce qu'elle fait pour que ses déhanchements ne soient le fruit d'une coordination menée par un cerveau imbibé d'alcool. C'est ça qui fait d'elle une vraie rockstar. Le mec ne chante pas, ne gueule pas, ne rappe pas. Il parle juste de manière complètement incompréhensible en titubant au hasard de la salle. La seule manifestation d'une quelconque prouesse artistique réside finalement dans sa capacité à ÊTRE une rockstar, et son seul charisme suffit à méduser les foules.

Maintenant, la rockstar fait le poirier les pieds contre un des poteaux qui entoure la scène. Un spectateur s'avance d'un pas, l'appareil photo pointé vers la rockstar, mais la rockstar se relève trop vite pour lui laisser le temps de prendre le cliché. Ainsi, la rockstar rayonne de manière démentielle. Chacun de ses soubresauts, chacun de ses spasmes est le retranscrit corporel de ce que ses zicos crachent de leur instrument. Imprévisible, la rockstar, vie et CREE sa musique (pas comme ces danseurs contemporains qui tentent de conceptualiser des idées avec leur corps pour filer la trique à une masse d'intellos de gauche) (je n'aime pas la danse contemporaine).

La pièce centrale, ce n'est pas lui mais bien le son (le bruit ?), et il en est seulement l'une de ses marionnettes dévouées. Malgré ça, la rockstar représente le nombril du monde. Sa musique l'a transcendé au point de lui faire faire n'importe quoi, et les gens admirent la chose avec un sentiment mêlant amusement, admiration, et stupéfaction, bien que la plupart ait bien du mal à savoir quelle réaction adopter. La rockstar s'avance sur un type, et le mec se sent au milieu des regards. Alors, il enfile sa bière pour se donner un peu de consistance tout en montrant que la rockstar ne l'impressionne pas. Le public surveille la rockstar comme on surveillerait un bébé. On déloge le cable qui s'est coincé en dessous du retour, on ramasse le pied de micro qu'il renverse sur son passage, on nettoierait presque sa merde avec un kleenex si il se mettait à chier sur le plancher.


La suite de la soirée se déroule chez un pote. J'arrive plus ou moins à accrocher une gonzesse mais des types en chasse, à l'affût de la moindre oreille à remplir de conneries, ne cessent de m'interrompre. Alors, je combats ces assauts avec assez peu de conviction. On envoie sur le plateau le fait que j'sois en train de la draguer, et j'dois me démerder pour désincruster cette morve au second degrés.
« Fais gaffe, y raconte que d'la merde ce vieux dragueur. »
Moi, j'essaie de retrouver le fil du truc super intéressant que j'étais en train de raconter.
« Merde, désolé je parle trop, j'divague et j'arrive plus à retomber là où j'voulais en venir. C'est le lot de parler avec quelqu'un du sexe opposé, on est toujours interrompu par une bande de jaloux qui croient qu'on est en train de se draguer.
- Nan mais t'inquiètes, tu racontes pas de la merde, sinon, j'serais déjà partie. »
Ça me saoule au fond cette réplique, parce qu'elle jette en l'air le petit voile pudique que j'essayais de mettre sur la conversation, dans le genre qu'on était JUSTEMENT pas en train de se draguer, mais qu'on me ramène finalement à mes performances de tchatcheur : si tu me tiens pas le crachoir de manière assez classe, j't'éjecte, mec. Bébé, t'es pas si bandante que ça mais ta tête me rappelle celle de la seule femme que j'ai aimé, et qui se fout complètement de moi à présent – ce que j'ai toujours autant de mal à avaler, pour tout avouer. Alors, j'ai dû dire un truc foireux un moment parce que c'est justement ce qu'elle fait la seconde d'après.
« Excuses moi, j'vais aux chiotes. »
Peu importe, j'y vois que du feu et je rattaque de plus belle après. Du moins, jusqu'à ce que Tristan, mon bassiste, ne revienne à la charge lui verser un flot de dragouille bien en deçà de la mienne. Je retiens quelques minutes mon envie de lui faire remarquer le caractère pitoyable de ce qu'il est en train de lui dire, puis je craque, las de devoir me battre contre la concurrence.
« P'tain, t'es con quand t'es bourré. »
Là, il démarre au quart de tour, flot d'insultes en tout genre pendant cinq bonnes minutes. J'prend quand même la peine de répondre entre deux interjections, pour faire bonne figure.
« Moi j'parle pas dans le dos des gens. Si t'as des trucs à me dire, dis les moi en face, qu'il me lance.
- Ben c'est justement ce que je fais : t'es con quand t'es bourré.
- Ouais, t'as vu comment t'es taillé ? Tu viendras faire ton malin quand t'auras 40 kilos de plus.
- Ah parce que maintenant, il faut avoir 40 kilos de plus pour pouvoir te dire ce que t'es con quand t'es bourré ? »
Remarquez que j'ajoute « quand t'es bourré » pour ne pas me froisser définitivement avec lui. Ça empire, et les gens commencent à se dire qu'il faudrait intervenir. Alors, ça joue la carte de la neutralité, on nous dit de nous calmer tous les deux, bien que je me sois surtout contenté pour ma part de recevoir ses insultes sereinement, mais pas moins empli de haine. Mon bassiste continue de s'exciter en menaçant d'annuler la tournée et de quitter le groupe. Mon bassiste sort en claquant la porte, suivi du chanteur parti le raisonner. Mon bassiste revient cinq minutes après, me fait venir dehors, et m'explique qu'il a eu des problèmes d'alcool, qu'il a dû voir un psy à cause de ça, et que ça le rend SUPER susceptible à ce niveau là, sauf qu'en fait, j'en ai pas grand chose à cirer des problèmes de mon bassiste. Bref, je finis par passer pour le connard de l'histoire, celui qui a aucune pitié pour les gens qui ont des soucis et qui VONT VOIR UN PSY à cause de ça. En rentrant chez moi, je remarque pour moi même cette intéressante dualité, qui fait que les rockstars jouent aux bourrés de manière parfaitement calculée, pendant que les bourrés jouent aux rockstars avec un charisme équivalent, à peu de choses près, à celui d'une crotte d'hamster.

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Le cerveau / Chronique de l'inachevé (première & deuxième partie)
« le: janvier 20, 2007, 13:35:54 pm »
Bon, y me reste plus qu'a rédiger la dernière partie ! Ca attendra la fin de mes exams de la semaine prochaine je pense ^^

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Le cerveau / Chronique de l'inachevé (première & deuxième partie)
« le: janvier 16, 2007, 21:14:40 pm »
Citation de: "V3NDR3D1"

ça me fait assez penser à l'etat d'esprit dans lequel je suis quand j'arrive dans une soirée canapéblabla un peu raide.
après pourquoi je déplore le fait de se croire différent et de ranger un peu trop els gens dans des cases... parceque quelquepart t'es comme eux mais eux ils sont pas comme tu crois...
enfin bon c'est le genre de jugement que j'assume pas et que j'essaie d'éviter...


héhé ouais, c'est un peu le genre de soirée que j'essayais de décrire. Cela dit, il me semble pas que j'ai émis quelconque jugement ni rangé des gens dans des cases ? peut être que ça transparaît dans mes propos sans que je m'en rende compte aussi...

Citation de: "V3NDR3D1"

allez hop la suite!
quand c'est qu'elles arrivent les filles punks que t'as envie de niquer mais non en fait???


j'vais y arriver ouais. mais j'pense pas que j'vais trop m'étaler sur le cas de la punk cette fois ci ;)

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Le cerveau / Chronique de l'inachevé (première & deuxième partie)
« le: janvier 15, 2007, 19:20:38 pm »
Deux Goudales feront l'affaire. Ces soirées là, on est jamais trop sûr de ce sur quoi on va tomber, alors autant s'assurer un minimum d'ébriété. La première fois chez Amandine, je m'étais tant et si bien empêtré les pieds dans leurs ragots et leurs références creuses, que j'avais préféré feindre de m'endormir, tout avachi que j'étais dans un pouf, plutôt que de m'enfuir et abdiquer de la sorte face à l'ennui que me causait tout ce monde. Les gonzesses piailleuses qui parlaient de sexe, de pipes, ou de recettes de quiche lorraine. Le Cédric gay qui n'en menait pas plus large. Le Pierre, gentleman faisant valoir dans une force de précaution mielleuse ses gestes de masseur-baiseur de haute voltige.
Deuxième tentative, donc. Je sonne.
« C'est qui ? »
Comme j'ai pas trop envie de l'engueuler, cette porte, je dis rien.
« C'EST QUI ??? »
Je ferai simplement comme si j'entendais rien d'ici.
« Bon, je regarde dans le judas. »
Je ne sais pas trop quelle pause adopter. Je fais un pas de côté pour mieux y réfléchir mais la porte s'ouvre avant que j'ai pu me remettre en face avec une posture propre à être maté à travers un judas.
« Salut, que j'lance au mec d'Amandine, ça va ?
- Ouais, et toi ?
- Ouais, ça va.
- Rah, j'ai pas réussi à te voir dans le judas.
- Merde, tu veux que j'ressorte et que j'me mette bien devant ?
- Nan, ça va... Bon, y'a pas encore beaucoup de monde mais ça devrait pas tarder à arriver. »

Tout le monde m'acclame quand j'arrive dans le salon. Merde, si c'était l'éclate, personne n'aurait prêté attention à mon arrivée. Ça sent le roussi. J'entame ma tournée de bises. J'arrive à Cédric en me demandant pourquoi j'me sens toujours obligé de lui faire une bise plutôt que de lui serrer la main. Après tout, le fait d'être gay ne lui a pas tranché la bite. Des fois, les cultureux se font la bise entre eux. C'est p'tetre pour ça que j'lui fais la bise. C'est plus fashion. Mes potes, j'leur fais pas la bise. Mes potes cultureux, j'leur fais la bise, parfois, mais c'est pas pareil. Les racailles se posent pas autant de questions, elles serrent la main à tout le monde, sans distinction de sexe, comme pour une relation de boulot. Par soucis d'équité ? Pour assouvir un machisme qu'elles auraient du mal à refouler ? Par gentlemanerie ? Respect ? Fainéantise ? Je serais prêt à parier qu'elles en savent autant sur la chose que moi à propos de mon check. Est-ce que je check un vieux qui parle djeunz ? Un djeunz qui parle vieux ? Est-ce que je check parce que j'me sens djeunz, parce que j'me sens cultureux, ou encore pour pas avoir l'air d'un vieux ? Parce que j'ai jamais checké quand j'étais ado. J'ai bien checké étant gosse, mais juste pour m'amuser à faire le Prince de Bel Air, pas pour saluer tout le monde. J'ai commencé à checker après, à la fac, alors que tout le monde s'accorderait à mettre la chose sur le compte de la djeunserie. Quelqu'un vous contamine par les mains et vous vous en retrouvez tout bouleversé dans vos salutations d'après. Will Smith a dû tellement checker de gens qui se sont eux même mis à checker, que le virus a dû finir par traverser l'Atlantique. C'est peut être comme ça que la mondialisation vient vous saluer. Elle ira un jour au fin fond de la Mongolie checker un jeune bouddhiste, et une génération entière s'en retrouvera à se demander si c'est mieux de checker les chevelus croyants ou les chauves athées . Moi, à moitié penché au dessus de la table et pas pragmatique pour deux sous :
« Bon désolé, j'te fais pas la bise à toi, t'es trop loin.
- Oh, t'es pas très gentleman, me fait remarquer Amandine.
- Nan, lance l'inconnue pour rattraper ma propre impolitesse, mais j'vais me lever.
- Ouais, j'ai décidé de pas être gentleman ce soir. »
Comme si j'avais l'habitude de l'être...

Émile constituera un bon point d'appui pour me lancer dans cette soirée. Je lui demande si il a pas ramené son pote qui devait mixer avec lui. Je lui sers un peu de mon anxiété en croûte, avec la soirée du Kiosk où y'a un dj connu, qu'au cas où on se ferait chier, qu'on sait jamais. Puis j'vais parler à Max. On a un point commun, le fait d'apprécier Amon Tobin. Ça peut faire un bon point d'appui aussi, ça. Sauf que je clique plusieurs fois sur lui avec Amon Tobin et ça prend pas.

« Euuh ben ouais, t'as du nouveau son quoi, nan ?... T'écoutes pas que ça depuis le temps ?... T'es plus dans quoi maintenant ?... Ouais, moi j'dois t'avouer que j'écoute plus trop Amon Tobin en ce moment, même si j'apprécie encore beaucoup. Je suis plus trop l'actualité de Ninja Tunes et toi ?... Tu sais que j'ai proposé Amon Tobin pour un projet de Naïve ? Y voulaient sortir un skeud avec Laurence Equilbey, une des plus grandes directrices de choeur au monde. Elle voulait faire un truc électro. Y'avait déjà Para One, Emilie Simon, ou Air, et comme ils cherchaient un dernier artiste electro un peu connu, j'leur ai proposé Amon Tobin. J'lui ai filé les skeuds, à Laurence Equilbey. Elle a écouté, et elle a dit que c'était trop techno, que ça ressemblait trop à Para One ahah. Tu vois trop la meuf qui veut faire un truc electro mais qui y connaît quedalle... N'empêche que si ça marche, j'serai trop fier de mon coup. Ouais, si y'a Amon Tobin sur le cd, ça sera en parti grâce à moi. Ça fait plaisir d'aider des artistes qu'on aime. »

J'arrive finalement à m'en sortir en rebondissant sur les activités de vidéaste de Max. Ouf. On se sent tellement obligé de parler en soirée, pour pas avoir l'air de se servir de sa bouche dans le seul but d'avaler de la bière, qu'on arrive parfois à aborder quelqu'un sans avoir élaboré un minimum son plan de dialogue. On se dit que ça marchera d'office, sauf qu'on est pas encore assez alcoolisé pour ça. Je me retrouve avec sa carte de visite de vidéaste, qu'il me laisse comme l'aboutissement logique de cette friction discursive, et m'en vais décapsuler une nouvelle canette. Le monde tourne autour de la bière. Elle nous permet de mieux chavirer dans ce carnaval insipide de raisons baveuses et de paroles molles. On commence par se dépêtrer des décombres de ce qui eu pour but de ménager nos égos, puis on relâche suffisamment l'attention pour laisser le paraître couler sous une mousse bierreuse. Ses cas de conscience s'envasent toujours plus profondément dans nos verres. On hésite plus à nous afficher dans toute notre décrépitude d'âme. On arrête de fuir ce que l'on est profondément, gourmands d'estime mais avares de considérations. Le dialogue peut naître alors, mais on ne parle à personne. On parle juste à soi même, écoutant quel bruit fera nos paroles en glissant sur une paire d'oreilles.

Je monte à mon tour sur le manège du sempiternel avachissement de consciences. L'air chargé de glousseries traîne son haleine d'alcoolique entre les regards crispés d'enthousiasme, et enivre le monde d'un euphorisme pétri de grossièreté. Un ballet, où chacun semble courir après quelque chose sans jamais rien trouver ; encore eu t'il fallu avoir la moindre idée de ce que l'on était sensé chercher. Peut être une bouteille, une bride de conversation qui traîne par là, le cendar ou un décapsuleur. L'appartement se remplit jusqu'à devenir une véritable jungle cacophonique de polémiques condescendantes. On y fraie son chemin comme on peut, à moins d'investir la sacro-sainte place de canapé, qu'on lui ferait bien prendre la forme de nos fesses si on avait pas peur d'y tomber, dans ces discussions toujours difficiles à déserter. Mais le canap', c'est pas pour moi. Je préfère me la jouer guerrier. A coup de sabre, j'élague les appels de regard et les sourires béants tout nécessiteux de mots. Je tranche à vif les inconnus dans un second degrés bien débonnaire. Espèce de névrosé qui s'intéresse aux choses futiles qui lui tombent sous la main : La façon dont je range mes cds par esthétique musicale ; mais que j'galère pour les trucs qui sont entre deux styles ; que du coup j'essaie de faire un dégradé de styles, mais que ça sert à rien parce que ça tient quelques mois et ça devient vide le gros bordel. Elles font doucement sourire, mes préoccupations superficielles, car j'y met un tel entrain dans leur simple évocation, qu'on en peinerait presque à distinguer ce qu'il y a en moi de sérieux et de second degrès. Enfin, les gens ont généralement le jeu facile, et puis c'est bien commode pour discuter. Pas besoin de connaître les derniers ragots qui circulent pour parler de la façon dont je range ma chambre.
Bref, je me tortille comme je peux dans cette véritable jungle mondaine, avec ses dangers, ses lois, et sa faune de milles petits codes implicites.
Parfois, on reste bloqué entre deux personnes, contraints de cisailler dans leur discussion rien que pour se donner un peu de consistance :
« Hé ! Ouais, j'connais ! .... Y sont passés à Dour une fois.... OUAIS C' EST CLAIR ! ..... Ouais, le hip hop oldschool, y'a que ça de vrai de toute façon. Tu vois maintenant, dans les clips de r'n'b, avec des gonzesses en string et des grosses voitures. C'EST TROP DU NIMP QUOI ! C'était mieux avant, avec HOUSE OF PAIN, ou même NECRO ! Eux, au moins, ils avaient le vrai esprit quoi ! Leurs clips, c'était limite des clips de kepons ! ».
Et quand on a bien dégueulé son flot de conneries, prêt à déguerpir, on lorgne vite fait de côté :
« BON ! J'vais me rechoper une bière, moi ! »
Le tour est joué. On a payé son tribu de passage et on est bien content de s'esquiver parce qu'on savait plus trop quoi dire. Alors, on se retrouve devant la table. On s'y remplit le gosier d'alcool. Au moins, ça nous occupe le temps d'élaborer un nouveau plan d'attaque, de voir sur quelle cible on pourrait maintenant fondre, tel un rapace affamé du verbe. Nous voilà alors repartis slalomer entre le gens, la panse bien remplie et ne demandant rien de mieux que de nous régurgiter un nouveau flot de conneries bien puant de bile.

Maintenant, ça gueule de partout. Des gens qui arrivent, toujours. Les murs se resserrent, et la musique, qui se heurte aux discussions pleines d'ébriété, enveloppe tout ce beau monde d'un halo de vacarme assourdissant.
Des gens de ma classe, je leur parle avec une pointe d'excitation dans la voix, comme devenus soudainement potes depuis toujours. Ça sourit, ça rigole, ça s'envoie des blagues pas drôles.
« Tiens, aides moi un peu à l'ouvrir s'te plaît. Si t'y arrives... »
Pas de problème, poupée. Cédric, décapsuleur de bière de l'enfer, va te faire ça comme pour rire, et avec un briquet s'te plaît ! Tiens, files le moi, le briquet. J'en ai pas sur moi, j'fume pas. Vise moi un peu ce talent. A la oldschool baby.
« Putain, merde... Y'a pas du sopalain kek'part ?! »
Tout le monde s'en fout. J'essuie mon bras sur mon pantalon et me voilà reparti trouver une nouvelle tête exaltant le vide de bonhomie, tout comme moi. Quelques mots d'Emile suffisent pourtant à me stopper net dans l'élan :
« Tiens, salut Marie ! Ca va ? ».
Je me retourne, tressaillant. Elle se tient là, sur le pas de la porte, juste devant moi. Elle n'a plus sa casquette de militaire comme la dernière fois. Juste un bandeau qui lui donne l'air d'une hippie. Sûrement qu'elle doit pas les aimer ses cheveux, à toujours trouver n'importe quoi pour se les couvrir. Tournée de bise. Je me sens rougir quand elle arrive sur moi, mais elle ne daigne même pas m'offrir la moindre remarque. Juste un « salut » agrémenté d'un regard complètement vide d'expression, pour le parfait inconnu que j'avais l'air d'être devenu à ses yeux. Quelle pute !
Je la regarde s'éloigner, béat, et j'explose de joie :
« PUTAIN, C'EST QUI QUI A MIS XPLODING PLASTIX ??!!!
- C'est moi, mec, répond Max avec un beau sourire de coin.
- Aaah, ça m'fait plaisir ! J'me disais bien que t'étais un homme de goût. »
Il claque du palet.
« T'inquiètes, mec ! »
En discutant avec Max, j'me dis qu'on est bien appréciables, finalement, tous les deux, dès qu'on est assez alcoolisés pour pouvoir se parler. Mais Max, il a bien du mal à tenir le poste. Même que je l'aide un peu à le défendre de la vindicte populaire... sans succès :
« Attends, juste un dernier morceau... Ouais voilà, juste ce passage là, il est trop énorme.. »
Raté. Le poste se met à cracher d'une voix langoureuse un air de chanson française et tout le monde exulte. Ça valse, ça chante, ça brandit des bouteilles de vin en l'air, et je me cadre tout ça dans une espèce de carte mentale qui aurait pour légende un truc du genre « chouille de bourgeois bohèmes ». Gardes tes clichés pour toi Cédric, et va rejoindre Emile, adossé au mur, tout penaud, comme toi. Peu importe que t'aies rien à lui dire, le principal, c'est d'avoir l'air affairé dans ton alcoolisme. Faut s'amuser bordel ! Et parler, surtout. C'est ça la grande affaire du siècle, toujours avoir l'air de parler, sinon, tu passes pour une baltringue.
C'est peut être ce qu'a du se dire Marie, quand elle est venue cisailler cette discussion qui s'engageait sur je ne sais trop quel sujet sans importance :
« Vous racontez quoi de beau ?
- Rien. On raconte que d'la merde ! »
Ça, c'est bien envoyé que j'me dis en déguerpissant à la quête d'une nouvelle bière. Trop facile de m'ignorer et de revenir la bouche en coeur, quand t'as suffisamment d'alcool dans le sang pour enfin tenir tes promesses.
Ça m'empêchera pas de regretter mon geste cinq minutes après, quand elle ira rejoindre un autre type pour assouvir son besoin d'avoir l'air occupée. Et tout en parlant à Emile, je reste désespérément accroché à son reflet dans le miroir. Allez, lèves ta tête, s'il te plaît. Regardes par ici. Tout ça, c'était juste pour me venger. Rien de méchant. Juste que ça m'a un peu vexé que tu m'ignores comme ça, tout à l'heure, mais je voulais pas vraiment t'esquiver. Lèves la tête, tu verras bien dans mon regard à quel point je peux t'aimer, ma p'tite kepon hippie en plastoc. Celle que j'ai refusé de baiser dans ma voiture. Celle qui essaya de sonder mon âme pendant que j'me demandais si j'aurais été encore capable de bandouiller. Celle qui avait une tchatche qui me rendait tout minable à côté. Pour qui j'éprouvais tant d'admiration, et un incommensurable attrait bourré d'affection câline.
Quedalle.
Déception.
J'étais rien de plus qu'un coup à l'arrache, un coup bien foireux. En plus de ça, un pauvre crétin qui s'enfuit dès qu'on vient lui parler. Trop empli de honte, de remords, et de loose auto-proclamée. Sûrement que c'est ce qu'elle devait penser. Mais elle était déjà ailleurs. D'autres choses à foutre que d'essayer de renouer le dialogue avec quelqu'un qui n'était pas capable de s'assumer. Et moi, j'lui avais lancé le même truc à la figure, sans aucune explication, me contentant du ricanement intérieur que le vent me procura. J'étais satisfait de quoi, après tout ? Justement, je cherchais bien. On trouve la première pensée qui nous vient à l'esprit, on la met sur un piedestale, et on la regarde, les yeux tout brillants d'admiration. Cédric a bien fait. Cédric ne traite pas avec les lâches qui l'ignorent, et qui essaient de se rattraper dès qu'ils sont un peu éméchés.
Foutaises, ouais.
Hé, mais c'est du Riton que j'entends là !
« C'est toi qui a mis ça Cédric ? C'est cool, t'as des bons goûts, toi aussi ! »
J'ai dit ça comme si j'avais essayé de m'excuser de quelque chose envers lui. Il se tourne :
« Ouais, c'est de la bonne musique ça, de la bonne musique pour les gays !
- Mais nan ! C'est pas vrai ! J'suis déçu que tu dises ça !
- Mais Cédriiic. Je rigole !
- Ah, t'es con, que j'lui répond en rougissant. J'pensais que t'étais sérieux.
- Et merde, le morceau est fini. Faut que j'enchaîne.... (hument de quelques convives)
- Moi, j'aime bien les blancs. Ça met mal à l'aise. Encore, un blanc de musique, c'est pas trop grave. Le mieux, ce sont les blancs de discussion. Genre, ceux en repas de famille, y me font trop tripper. Tout le monde qui regarde son assiette l'air gêné, en se creusant la tête pendant dix minutes pour sortir un truc sur le temps, ou sur le goût du vin, un truc tout bidon, pendant que moi, j'me marre dans ma tête. »
La musique reprend de plus belle, et tout en levant les yeux au plafond, il me répond :
« Mais Cédriiiic, arrêtes de tout analyser ! »
Ce truc là qu'il m'envoie dans la face, ça fait tout de suite écho à mon histoire avec Marie. Et pour sûr qu'ils ont dû en discuter. Voilà ce que je devais donc prendre comme sentence. Finalement, je m'en tirais pas trop mal. Pas un looseur, mais un mec qui analysait tout. Ca me plaît pas mal ouais. Cédric, le mec qui anatomisait tout ce qui bouge. Un tombeur née, mais la chatte, ça l'intéressait pas, nan. Pour lui, le principal, c'était d'analyser. Et même si il avait toutes les gonzesses qu'il voulait à ses pieds, prêtes à lui offrir leur corps tout suintant de désir, Cédric, psychanalyste dans l'âme, préférait les choses de l'esprit. Aiguisé qu'il l'avait, son esprit, tel une lame prête à disséquer chaque comportement comme on décortiquerait une crevette. Prenez bien garde, vulgaires chaudasses envieuses de sa personne ! Fricoter avec le Cédric n'est pas une mince affaire.

Affalé dans le fauteuil, je raconte mes déboires de l'IUP avec une camarade de classe. Le directeur m'avait convoqué suite à un mail un peu salace que j'avais envoyé à toute la monde, parce que j'en avais marre de me faire spammer d'annonces de spectacles. La secrétaire était dans la liste d'envoi aussi, et elle avait pas trop apprécié. Elle avait surtout rien compris. Ce mail là, c'était un pur chef d'oeuvre. Je me souviens encore du sublime :
« Et je ne veux plus être la cible de ces mails IUP, qui, dans le fond, se complaisent autant dans ma soi-disante ouverture culturelle, qu'un prospectus des dernières promos sur le rosbif à Auchan si j'étais végétarien. ».
Ou du passage ultime :
« Cette peau de quinteux me sied à merveille, et je l'endosse avec toute l'estime que me vaut pour moi même cette lutte contre l'intempestivité moribonde de la publicité. Encore qu'elle se contentait de rester accrochée aux murs bien loin de moi, sur une banderole, ou pendant une pause pipi entre deux épisodes de Desperate Housewives, qu'elle ne m'opportunait pas tant que ça. Mais maintenant elle s'insinue partout. Dans mes mains, dans mes poches, dans mon jean, à un tel point que le seul bastion qui resterait défendable se résumerait bientôt dans mon slip et ma boîte mail. »
J'lui racontre tout ça, à ma collègue, et tellement près de l'oreille qu'il aurait fallu d'un rien pour que j'lui bouffe, son oreille, tout bavant de sexe que j'étais.
« C'est bizarre quand même que tu sois convoqué, qu'elle me dit. Moi, j'trouvais ça drôle, ça m'a bien fait rire. »
Et ouais poupée. Cédric non plus n'a pas compris pourquoi il suscita autant d'engouement autour d'une pareille connerie. Mais bon, c'est ça d'être artiste ! J'irai défendre ma cause devant le directeur, quelqu'en soit la sanction ! La tête bien haute, j'assumerai ma prose. Et dans ma chevauchée épique, je fendrai les airs de l'étendard de la raison. Cédric, justicier du mail qui n'a pas peur de clamer la vérité, bien haut, et bien fort !

Un peu plus tard, je drague lamentablement une meuf. Je ne sais même plus trop si c'est pour elle, ou pour le collier de bonbons autour de son cou, que j'éprouve du désir. Peut être que j'aurais bien bouffé les deux, question de faire deux pierres deux coups.
« Vas y, t'en vas pas maintenant ! »
Et merde. Presque plus personne dans l'appartement, faut vraiment que j'me taille d'ici. J'me fais retenir au dernier moment par une pote au Cédric gay. Une espèce d'ancienne kepon lesbienne, et brute épaisse par dessus tout. Une méchante baffe qu'elle m'avait décollé une fois, quand j'avais essayé de la peloter pour me marrer. Une des pires de ma vie.
« Vas y Cédric, tu vas pas faire ta tapette ! Restes encore un peu !
- Mouaaa. C'est tout mort là, y'a plus personne.
- Mais nan, allez, vas y ! Fais pas ton p'tit joueur. Allez, j'te sers un verre de vin. Tu vas pas refuser ça ?
- Nan ça va, merci, j'ai assez bu comme ça.
- Alleeeez ! R'gardes le ! T'es tout mou ou quoi ce soir ?
- Bon, vas y, sers moi ton verre et fais pas chier. »
Un peu plus tard dans la rue, Emile :
« Nan mais tu vas quand même pas conduire là ?
- Euuuh si.
- Nan mais dors chez Amandine, t'es trop bourré mec.
- Nan mais ça va.
- Et poses moi ce verre de vin !
- Nan, attends, j'le finis.
- Nan mais poses le ! T'as déjà assez bu comme ça.
- Ouais, je sais, mais j'veux pas faire de gaspillage.
- Mais tu vas pas repartir avec le verre à Amandine !
- Ben si. C'est pas grave, j'lui refilerai une autre fois.
- Allez hop, files moi ça, j'le pose devant la porte... Tu sais elle est où, ta caisse ?
- Nan, j'sais plus du tout où j'suis garé, mais c'est pas grave, j'm'en tape ! »
Je me sentais profond, au dessus de tout. Il pouvait m'arriver n'importe quoi, toutes les futilités de ce bas monde ne m'intéressaient plus guère. Je désirais me perdre au bout de la nuit, marcher vers le jour, et sombrer dans l'oubli. Éternel, solitaire, pommé et pochtronné. Les rues me happaient déjà pour que je me perde en méditation, sous la lumière blafarde dégueulée de milles lampadaires.
« Et t'es sûr que ça va aller pour rentrer ? Tu devrais pionser chez Amandine...
- Mais ouais ! T'inquietes, mec ! Ça va aller.
- Bon fais gaffe en rentrant, hein !
- Mais ouais ! T'inquietes, mec ! »

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Le cerveau / Chronique de l'inachevé (première & deuxième partie)
« le: janvier 15, 2007, 19:19:52 pm »
Après une longue période d'improductivité dûe à une soudaine submersion de taff, voici mon nouveau petit texte, que je n'ai pas encore terminé (d'où le titre). enjoy ! ^^

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